Politique

Nigeria : quatre morts dans un raid de Boko Haram sur un camp de déplacés

Des réfugiés nigérians après une attaque de Boko Haram (photo d'illustration). © Jossy Ola/AP/SIPA

Quatre personnes ont été tuées lors d'un raid nocturne mené par des jihadistes de Boko Haram sur un camp de déplacés du nord-est du Nigeria, à la frontière camerounaise, a-t-on appris samedi de sources sécuritaires.

Les insurgés, qui se déplaçaient à vélo et à pied, ont attaqué le camp de déplacés de la ville de Banki vers 0H30 (23h30 GMT) dans la nuit de vendredi à samedi et ont ouvert le feu sur les civils.

« Hier soir, les terroristes de Boko Haram (…) ont tué quatre personnes, en ont blessé quatre autres et ont emporté des vivres avec eux », a expliqué sous couvert d’anonymat un responsable militaire sur place.

Les soldats et des policiers postés à l’extérieur du camp sont intervenus, échangeant des tirs avec les insurgés durant environ une heure, a-t-il ajouté. « Deux terroristes ont été tués dans les combats et le reste s’est enfui, on a récupéré deux fusils ».

Un membre de la milice engagée aux côtés de l’armée contre Boko Haram a confirmé ce bilan à l’AFP.

Les assaillants « ont utilisé des échelles pour escalader le fossé creusé autour du camp afin d’empêcher des incursions de Boko Haram, c’est pourquoi la sécurité à l’entrée du camp a été prise au dépourvu », a indiqué cette source. « Selon toute évidence ils étaient venus voler des vivres ».

Quelques heures plus tard, deux soldats ont été blessés lorsque leur véhicule de patrouille a heurté une mine enterrée par les jihadistes en fuite dans le village de Freetown, à neuf kilomètres de là, a ajouté le milicien.

Banki, qui se trouve à 130 kilomètres au sud-est de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, abrite 45.000 personnes déplacées.

Lors de l’ouverture du camp en mars 2015, la ville était considérée comme une zone relativement sûre pour les civils fuyant les violences. Mais le site a ensuite été pris pour cible à plusieurs reprise par les jihadistes.

En février, des hommes avaient pris d’assaut le camp et volé des vivres et des vêtements avant d’être chassés par des soldats.

En septembre 2017, les jihadistes avaient tué 11 personnes dans le camp, là aussi pour prendre de la nourriture, un mois après un raid similaire ayant fait 11 morts.

L’insurrection jihadiste, visant à instaurer un califat dans le nord-est du Nigeria, a fait 20.000 personnes et plus de 2,6 déplacés depuis 2009.

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