Politique

Guinée: la CPI exige un « dénouement rapide » du dossier du massacre de 2009

| Par AFP
Guinée: la CPI exige un « dénouement rapide » du dossier du massacre de 2009

Guinée: la CPI exige un "dénouement rapide" du dossier du massacre de 2009 © AFP

Le nouveau procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Madame Fatou Bensouda, a exigé jeudi à Conakry un « dénouement rapide » du dossier du massacre d’au moins 150 personnes en septembre 2009 dans un stade de la capitale guinéenne.

Fatou Bensouda s’est prononcée pour un « dénouement rapide » de cette affaire, indiquant que tout devait être désormais entrepris « pour que justice soit faite dans un court délai ». « Nous avons trop attendu. Nous tenons cette fois à ce que ce dossier soit bouclé », a insisté Mme Bensouda, en visite à Conakry.

Actuellement procureur adjoint de la Cour, elle succédera en juin à Luis Moreno Ocampo au poste de procureur.

« Je saisis cette opportunité pour vous remercier pour votre patience. J’espère que cette patience se termine enfin, en tout cas qu’elle ne se prolonge pas davantage et ce sera un évènement heureux qui va clôturer notre action », a-t-elle dit, s’adressant à des membres d’une dizaine d’associations de victimes de ce massacre.

« Les autorités guinéennes m’ont assuré que les juges disposeront de tous les moyens dont ils ont besoin et qu’ils pourront continuer d’opérer en toute indépendance », a-t-elle déclaré dans la soirée à la presse après avoir rencontré le président Alpha Condé et le ministre de la Justice Christian Sow.

« En tant que prochain procureur, je veillerai personnellement à ce que ce soit le cas », a-t-elle dit, ajoutant: « Si les hauts responsables (de ces massacres) ne sont pas poursuivis par les autorités guinéennes, alors la CPI le fera. C’est l’un ou l’autre, il n’y a pas de troisième voie ».

Elle a indiqué que l’enquête conduite par le pool de juges d’instruction de Conakry a fait des « progrès significatifs » ces derniers temps avec l’inculpation d’une personnalité militaire de haut rang.

« Ils font un travail complexe dans des conditions difficiles, ils méritent notre soutien, le soutien des autorités guinéennes, le soutien et la confiance des victimes qui attendent justice et celui des Nations unies qui s’apprêtent aussi à les appuyer », a-t-elle affirmé.

Le 28 septembre 2009, des milliers d’opposants étaient rassemblés au stade du même nom (28 Septembre) pour dire non à une candidature à la présidentielle de l’année suivante du capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte.

Les forces de sécurité sont entrées dans le stade et ont tiré, frappé, violé des femmes (au moins 157 morts, des centaines de blessés, 131 femmes violées, 84 disparus recensés).

Un ancien responsable de la junte guinéenne, le lieutenant-colonel Moussa Tiègboro Camara, actuel chef d’un service rattaché à la présidence, a été inculpé en février à Conakry dans le cadre de l’enquête sur ce massacre.

Dirigeant les gendarmes, Moussa Tiègboro Camara, qui nie toute implication dans ce massacre, était présent sur les lieux et avait été impliqué dans des violences, selon des témoins cités par l’ONU et par des ONG.

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