Politique

Drame du foot en Egypte: ouverture du procès au Caire

Drame du foot en Egypte: ouverture du procès au Caire © AFP

Le procès de 75 personnes, dont neuf policiers, suite à des émeutes qui avaient fait plus de 70 morts à l'issue d'un match de football à Port-Saïd (nord), s'est ouvert mardi au Caire dans une ambiance houleuse, les accusés plaidant non-coupable.

Le procès du pire drame de l’histoire du football égyptien a lieu dans la capitale pour des raisons de sécurité. Le ministère de l’Intérieur, en coordination avec l’armée, a mobilisé en nombre les forces de l’ordre.

Les accusés, portant l’habit blanc des détenus, ont plaidé « non-coupable » à l’ouverture de l’audience et récusé les charges de meurtre avec préméditation et de port d’armes prohibé pesant sur eux.

Dans des scènes chaotiques retransmises en direct à la télévision, certains ont crié « Allah Akbar » (« Dieu est le plus grand ») ou sont montés sur des bancs à l’intérieur de l’espace grillagé réservé aux accusés, mettant en cause des responsables des services de sécurité jugés dans la même affaire.

L’un des accusés a crié qu’il avait été convoqué en tant que témoin, mais s’était retrouvé inculpé à sa grande surprise.

Le juge a dû brièvement suspendre l’audience, à laquelle participaient des membres des familles des victimes. Certains, en pleurs, portaient des portraits des disparus.

Neuf policiers se trouvent parmi les personnes poursuivies dans ce drame dont le bilan officiel se monte à 73 morts, selon l’agence égyptienne Mena, contre 74 annoncés à l’époque.

Les violences avaient éclaté le 1er février au stade de Port-Saïd après le coup de sifflet final du match, à l’issue duquel Al-Masry, un club de Port-Saïd, avait fait subir sa première défaite de la saison (3-1) à Al-Ahly, une prestigieuse équipe du Caire.

Des centaines de supporteurs d’Al-Masry avaient envahi le terrain et lancé des pierres et des bouteilles en direction de ceux d’Al-Ahly.

Les violences de Port-Saïd avaient relancé la contestation contre l’armée, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, de nombreux témoins et responsables politiques pointant du doigt l’inertie des forces de l’ordre et les failles du dispositif de sécurité.

Dans les cinq jours ayant suivi le drame, des milliers de personnes avaient défilé contre les forces de l’ordre, et des violences entre policiers et manifestants avaient fait 16 morts au Caire et à Suez (nord).

Une enquête parlementaire a mis en cause la négligence de la police, l’accusant d’avoir sous-estimé la possibilité d’affrontements dans le stade de Port-Saïd alors même que des supporteurs avaient quitté le stade parce qu’ils redoutaient des violences.

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