Politique

Une figure de l’opposition soudanaise libérée après 5 mois de prison

Une figure de l’opposition islamiste soudanaise, Ibrahim al-Senoussi, accusé par les autorités d’avoir « tenté de détruire le régime », a annoncé avoir été libéré lundi après avoir passé plus de cinq mois en prison.

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Mis à jour le 11 juin 2012 à 20:38

Une figure de l’opposition soudanaise libérée après 5 mois de prison © AFP

M. Senoussi, adjoint du chef de l’opposition islamiste Hassan al-Tourabi, avait été arrêté en décembre à l’aéroport de Khartoum, tout comme Ali Shamar, un autre membre du Parti du Congrès populaire (PCP) soudanais, à leur retour d’un voyage au Kenya et au Soudan du Sud.

« J’ai été détenu pendant cinq mois, sans connaître ni la date ni l’heure. Je n’avais aucun contact avec le monde extérieur (. . . ) Ils m’ont mis en prison et m’ont accusé de tenter de détruire le régime », a dit M. Senoussi.

Il a également été accusé de contacts avec le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour (ouest), ravagé par la guerre civile, ce qu’il a admis, affirmant avoir espéré que ces contacts seraient « bénéfiques pour le Soudan ».

« Et ils m’ont accusé de contacts avec le Soudan du Sud, ce qui à mon avis n’est pas un crime », a-t-il ajouté.

Hassan Abdallah Al-Hussein, un avocat et un responsable du PCP, avait indiqué en mai que les deux hommes avait été accusés de « détruire le système constitutionnel de l’Etat et de créer une guerre contre l’Etat et l’armée ».

M. Senoussi est le bras droit de M. Tourabi, qui a été le mentor du président Omar el-Béchir avant de devenir l’un de ses adversaires les plus virulents après avoir été écarté en 1999 et emprisonné à plusieurs reprises.

Fondateur des Frères musulmans soudanais et chantre d’un panarabisme islamiste, M. Tourabi a aussi été proche d’Oussama ben Laden, qui s’était établi au Soudan entre 1992 et 1996.

Agé de 80 ans, M. Tourabi avait été emprisonné de janvier à mai 2011 pour avoir appelé à une révolte populaire contre la « corruption ». En février, il a affirmé que les services de renseignements avaient posé des micros dans les locaux de son parti et avaient accusé son parti de préparer un coup d’Etat.