Politique

Egypte: la justice tranche sur l’éligibilité des piliers de l’ère Moubarak

La justice égyptienne se prononce ce jeudi, soit deux jours avant le second tour de la présidentielle, sur une loi interdisant aux piliers de l’ère Moubarak de se présenter aux élections, ce qui pourrait entraver la candidature d’un des deux candidats à la présidence.

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Mis à jour le 14 juin 2012 à 09:04

Egypte: la justice tranche sur l’éligibilité des piliers de l’ère Moubarak © AFP

La décision de la Haute cour constitutionnelle qui se réunit à partir de 10H00 locales (08h00 GMT) pourrait avoir des conséquences pour l’un des finalistes, Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre de M. Moubarak, qui doit affronter le Frère musulman Mohammed Morsi les 16 et 17 juin.

La loi adoptée en avril par le Parlement et ratifiée par le Conseil militaire au pouvoir interdit en effet aux plus hauts responsables du régime de Hosni Moubarak, renversé l’an dernier par une révolte populaire, de se présenter aux élections.

Mais la commission électorale avait décidé de renvoyer ce texte devant la Haute cour constitutionnelle, permettant ainsi à M. Chafiq de se présenter à la présidentielle.

La commission électorale a d’abord invalidé la candidature de M. Chafiq en raison de cette loi mais elle avait ensuite accepté un appel déposé par le candidat et décidé de s’adresser à la justice pour qu’elle statue sur la constitutionnalité de l’amendement ajouté à la loi électorale.

La législation interdit « à tout président de la République, vice-président, Premier ministre, président du Parti national démocrate (PND, parti de M. Moubarak) maintenant dissous, secrétaire général ou membre de son bureau politique » d’exercer des droits politiques pendant dix ans.

La loi concerne les personnes ayant occupé un de ces postes pendant les dix années précédant le 11 février 2011, date de la démission sous la pression populaire de M. Moubarak.

Ministre de l’Aviation civile sous M. Moubarak, M. Chafiq avait été nommé à la tête du gouvernement juste avant le départ de l’ancien président.

La Haute cour constitutionnelle doit aussi examiner jeudi un appel interjeté par la Haute cour administrative sur la constitutionnalité de certaines lois ayant régi les élections lésiglatives de novembre à février derniers. Celles ci ont été remportées par les islamistes.