Politique

Mali: une délégation du groupe islamiste Ansar Dine va rencontrer Compaoré

Une délégation du groupe islamiste Ansar Dine qui contrôle avec d’autres mouvements armés le nord du Mali, est en route pour Ouagadougou où elle va rencontrer le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de l’Afrique de l’Ouest dans la crise malienne, a annoncé vendredi ce groupe.

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Mis à jour le 15 juin 2012 à 17:41

Mali: une délégation du groupe islamiste Ansar Dine va rencontrer Compaoré © AFP

« Nous avons une délégation qui est en route pour Ouagadougou pour rencontrer le médiateur Blaise Compaoré pour parler de la crise », a affirmé à l’AFP Oumar Ag Ahmed, l’un des porte-parole d’Ansar Dine dans le nord du Mali.

Le porte-parole a précisé que la délégation, dont ne fait pas partie Iyad Ag Ghaly, leader d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), se trouvait déjà sur le territoire du Burkina Faso et que les entretiens avec M. Compaoré allaient porter sur le rétablissement de « la paix dans le nord du Mali ».

M. Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), avait déjà rencontré le 9 juin une délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg) qui fait partie des groupes armés qui occupent et contrôlent le nord du Mali.

A l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat burkinabè, la délégation de cette rébellion, qui a unilatéralement proclamé l’indépendance de l’Azawad (nord du Mali), s’était déclarée « disponible » pour des négociations de paix.

Mi-mai, le Burkina avait fait savoir que des consultations, via des émissaires dépêchés dans le Nord malien, avaient démarré avec les groupes armés, dont le MNLA, qui contrôlent depuis fin mars cette région.

Après avoir lancé l’offensive contre l’armée malienne mi-janvier, le MNLA s’est retrouvé ces dernières semaines supplanté sur le terrain par le groupe Ansar Dine et son allié jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Un projet de fusion entre le MNLA, au départ sécessionniste et laïc, et Ansar Dine, qui prône la charia (loi islamique) dans tout le Mali, a été suspendu récemment en raison de fortes divergences sur la question de l’application de la charia.

Dans la foulée d’un putsch le 22 mars à Bamako qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré, l’immense région désertique du nord du Mali est tombée aux mains des mouvements armés qui n’ont rencontré aucune résistance de la part de l’armée malienne en déroute, démoralisée et sous-équipée.