Politique

Centrafrique: accord entre belligérants à Nairobi

Des ex-rebelles centrafricains de la Séléka et miliciens anti-balaka sont parvenus à un accord de cessez-le-feu lors de pourparlers à Nairobi, auxquels n’étaient pas associées les autorités centrafricaines, a annoncé mercredi un médiateur kényan.

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Mis à jour le 28 janvier 2015 à 13:23

Centrafrique: accord entre belligérants à Nairobi © AFP

Ces négociations entre les deux principaux belligérants de la crise centrafricaine, ouvertes en décembre, se sont déroulées en toute discrétion dans un hôtel de la capitale kényane.

L’ex-président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka, et Michel Djotodia, chef de celle-ci qui lui avait succédé à la tête de l’Etat avant d’être contraint à la démission par la communauté internationale en janvier 2014, ont été aperçus lors des pourparlers à Nairobi.

« Les parties ont adopté un cessez-le-feu, une cessation des hostilités et un accord de DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration) », a déclaré à l’AFP l’un des médiateurs, Kenneth Marende, ancien président de l’assemblée nationale kényane.

« Ils ont convenu d’un accord initial, mais celui-ci ne prendra effet qu’après avoir été formellement signé », a poursuivi M. Marende, médiateur de l’Union africaine dans les pourparlers centrafricains. A Addis Abeba, un responsable de l’UA avait néanmoins indiqué fin décembre à l’AFP ne pas être au courant de discussions à Nairobi, et assuré que celles-ci n’avaient pas reçu le parrainage de l’organisation panafricaine.

Un fragile accord de cessez-le-feu avait déjà été arraché, après des pourparlers « chaotiques », en juillet à Brazzaville entre ex-Séléka et les milices anti-balaka majoritairement chrétiennes, mais ne comprenait pas de volet DDR et n’avait pas empêché les affrontements et les violences inter-communautaires de se poursuivre.

Plusieurs factions au sein de la Séléka avaient dénoncé l’accord et l’ex-rébellion avait refusé de participer au gouvernement de large ouverture formé dans la foulée.

Les multiples exactions commises par les rebelles de la Séléka à leur arrivée au pouvoir en mars 2013 contre les populations majoritairement chrétiennes du pays ont débouché sur la création de milices d’autodéfense anti-balaka, qui s’en sont pris à leur tour aux civils musulmans, plongeant la Centrafrique dans une crise sécuritaire, humanitaire et politique sans précédent.

L’intervention d’une force française – Sangaris – épaulée par des soldats de l’UA a permis de stabiliser la situation, notamment à Bangui, sans pour autant pouvoir pacifier l’ensemble du territoire.