Sécurité

Est de la RDC : 25 civils tués dans une attaque à caractère ethnique

| Par AFP
Mis à jour le 19 février 2017 à 10h17
Des villageois le 10 novembre 2016 à Kyala dans la province du Nord-Kivu.

Des villageois le 10 novembre 2016 à Kyala dans la province du Nord-Kivu. © AFP/Eduardo Soteras

Vingt cinq civils ont été tués lors d’une attaque menée par une milice de l’ethnie nande dans une localité de l’Est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris samedi soir de source officielle.

« Au total, 25 personnes ont été tuées, décapitées à la machette par des Maï-Maï Mazembe dans le village de Kyaghala et ses environs », a déclaré à l’AFP le délégué local du gouverneur de la province du Nord-Kivu, précisant que « toutes ces personnes sont des civils hutus ».

Selon M. Bakundakabo, la tuerie s’est déroulée samedi entre 4h00 et 8h00 (2H00 à 6h00 GMT).

Parmi les victimes, « 24 ont été tuées à la machette et une (femme) par balles », a dit à l’AFP Hope Kubuya, un responsable de la société civile locale.

« Cette incursion des Maï-Maï Mazembe dans le village des hutus vient enflammer le conflit inter-ethnique dans la région », a-t-il ajouté.

Les Maï-Maï sont des groupes d’autodéfense constitués sur une base essentiellement ethnique.

Le groupe Maï-Maï Mazembe est constitué des ressortissants des communautés Nande, Hunde et Kobo et s’oppose au miliciens du groupe Nyatura (hutu).

La localité de Nyanzale où le massacre a eu lieu est peuplée majoritairement de Hutu.

La dernière attaque d’envergure dans la région remonte à Noël 2016 lorsque 35 civils au moins avaient été tués dans les attaques réciproques de miliciens des deux groupes.

Les Hutus, rwandophones, sont largement tenus pour des étrangers par les communautés se considérant comme « autochtones », comme les Nande, les Hunde ou les Kobo.

L’antagonisme entre communautés hutu et nande est exacerbé depuis plus d’un an par une série d’attaques de villages par des milices de chaque camp dans une zone couvrant les confins des territoires de Rutshuru, Lubero et Masisi, dans le centre du Nord-Kivu.

Cette querelle sur la « nationalité » se superpose à des conflits fonciers liés à une migration vers le nord de cultivateurs hutus contraints d’abandonner leur terre du Sud de la province pour des raisons économiques liées au prix du foncier ou sous la pression de grands propriétaires.

La province du Nord-Kivu comme l’ensemble de la région orientale de la RDC est déchirée par des conflits armés depuis plus de vingt ans.

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