Société

Kenya : les albinos ont leur concours de beauté pour lutter contre les préjugés

Des albinos assistent à une conférence marquant la journée de l'albinisme, le 13 juin 2015 à Nairobi, au Kenya.

Des albinos assistent à une conférence marquant la journée de l'albinisme, le 13 juin 2015 à Nairobi, au Kenya. © AFP

Stigmatisés et même pourchassés dans certains pays d’Afrique, de jeunes albinos étaient vendredi soir sous le feu des projecteurs à Nairobi où se déroulait l’élection des premiers Miss et Mister Albinisme Kenya.

Le premier concours de ce type, selon les organisateurs, avait pour objectif de montrer « qu’il existe des albinos beaux et bien dans leur peau », a expliqué Isaac Mwaura, le premier député albinos kényan qui est aussi l’organisateur de la compétition.

L’albinisme se traduit par une absence de pigmentation dans la peau, le système pileux et l’iris des yeux.

« En Afrique, les gens ont la peau noire. Lorsqu’une femme donne naissance à un albinos, les gens disent que c’est une malédiction », a témoigné Nancy Njeri Kariuki, 24 ans, venue du centre du Kenya pour participer à la compétition.

« Même les enfants de votre âge ont peur de vous », a raconté la jeune femme qui a défilé coiffée d’une perruque brune devant le vice-président du Kenya William Ruto.

Les participants ont défilé dans leurs tenues professionnelles, du pêcheur au soldat en passant par une joueuse de rugby, afin de montrer qu’ils peuvent eux aussi faire partie de la population active du pays.

A en croire le député Mwaura, les albinos ont beaucoup de mal à trouver leur place sur le marché du travail.

Michael Ogochi, un participant de 21 ans, a expliqué que cette compétition l’a aidé à avoir confiance en lui.

« Grandir a été difficile pour moi (…) personne ne voulait être avec moi. Vous devez travailler sur votre estime personnelle et avoir la peau dure », a dit le jeune homme.

Dans plusieurs pays du sud et de l’est de l’Afrique, comme la Tanzanie, le Malawi, le Burundi et le Mozambique, les albinos font l’objet de nombreuses attaques. Certains sont même pourchassés et amputés de leurs membres qui sont ensuite utilisés pour des rituels censés apporter richesse et chance.

Ce type d’attaque est cependant plus rare au Kenya.

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