Société

Un nouveau drame de l’immigration fait une centaine de disparus au large de la Libye

Le naufrage d’un canot pneumatique chargé de migrants au large de la Libye vendredi a fait une centaine de disparus, selon les témoignages des 26 rescapés recueillis samedi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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Mis à jour le 2 mai 2016 à 10:49

Une embarcation de migrants en train d’être secourus, au large de l’île italienne de Lampedusa, le 17 avril 2015. © Patrick Bar/AP/SIPA

Un bateau de fortune transportant 120 personnes a fait naufrage vendredi peu après avoir quitté les côtes libyennes, et au moins quinze personnes sont depuis portées disparues, a déclaré dimanche à l’AFP Carlotta Sami, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Italie.

Parmi ces dernières, quatre étaient originaires du Nigeria, trois de Guinée, deux de Côte d’Ivoire, deux du Soudan et une du Mali, a-t-elle précisé sur la base du récit des rescapés.

Le même jour, et dans des circonstances similaires, quelque 84 autres personnes ont disparu dans les eaux de la Méditerranée, selon un porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Flavio Di Giacomo. Comme dans d’autres naufrages, ce sont les rescapés, 26 au total, dont quatre femmes et cinq mineurs non accompagnés, âgés de 16 et 17 ans, qui ont fait connaître ce nouveau drame. Carlotta Sami a de son côté fait état de 27 rescapés, dont certains sont « dans un état sérieux ».

« Très mauvais état »

D’après leur récit, 110 personnes, toutes originaires d’Afrique de l’Ouest, avaient embarqué en Libye, à Sabrata, à bord d’un canot pneumatique. Ce canot « était en très mauvais état, il prenait l’eau et de nombreuses personnes sont tombées à l’eau et se sont noyées », a précisé Flavio Di Giacomo à l’AFP. « Dix sont très vite tombées et plusieurs autres ont suivi quelques minutes plus tard », a-t-il ajouté. « Deux heures après son départ, le canot prenait déjà l’eau », a quant à elle dit Carlotta Sami.

Le drame a eu lieu à moins de quatre milles marins (7,4 km) des côtes, donc peu de temps après le départ, mais le canot à moitié dégonflé était déjà en train de couler.

La mer agitée vendredi, avec des vagues d’environ deux mètres de haut, a vite eu raison de cette embarcation et a rendu difficiles les opérations de recherche de la part du cargo venu secourir ces migrants, ont expliqué les garde-côtes italiens, qui coordonnent toutes les opérations de sauvetage dans cette partie de la Méditerranée.

Ce navire battant pavillon italien a été rapidement contraint de faire route vers le nord, hors des eaux territoriales libyennes, pour confier les rescapés à deux bateaux des garde-côtes italiens. Ces personnes ont ensuite gagné l’île de Lampedusa, entre la Libye et la Sicile, où l’OIM a pu recueillir leurs premiers témoignages à leur arrivée samedi.

La très grande majorité des plus de 27 000 migrants ayant débarqué ces quatre derniers mois sur les côtes italiennes proviennent d’Afrique noire, Nigeria en tête, suivi de la Gambie et du Sénégal.

1 261 personnes ont trouvé la mort en Méditerranée, essentiellement en Grèce,depuis le début de l’année, selon un comptage fait jeudi avant ces deux naufrages par le HCR.

Et d’autres périront encore si rien n’est fait, a averti dimanche dans un communiqué la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

« L’an dernier, des milliers de personnes sont mortes en tentant de traverser (la Méditerranée) – si nous ne travaillons pas ensemble pour agir, les gens vont continuer à mourir », a souligné le patron de la Croix-Rouge italienne Francesco Rocca, cité dans ce communiqué.

« La mort ne devrait pas être une conséquence inévitable pour qui lutte en vue de trouver une vie meilleure et plus sûre », a pour sa part jugé le directeur régional pour l’Europe de cette fédération, Simon Missiri.

En 2015, 3 771 personnes, dont des centaines de femmes et d’enfants, ont péri en Méditerranée, a déploré le HCR.