Politique

Centrafrique: près de 80 cadavres dans une mosquée et dans les rues à Bangui

Près de 80 cadavres gisaient jeudi dans une mosquée de Bangui et dans les rues de la ville après les violences de la matinée, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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Mis à jour le 5 décembre 2013 à 15:33

Centrafrique: près de 80 cadavres dans une mosquée et dans les rues à Bangui © AFP

A la mosquée du quartier PK5, dans le centre de la capitale, 54 cadavres étaient alignés dans la salle de prière et la cour intérieure, portant des marques de blessures à l’arme blanche et par balles. Dans les rues voisines, les journalistes ont comptabilisé 25 cadavres abandonnés sur le bas coté.

« Les corps ont été amenés dans la matinée par des gens du quartier », a expliqué à l’AFP un responsable de la mosquée qui a souhaité garder l’anonymat. La mosquée était remplie d’hommes et de femmes venus chercher un parent disparu.

Signe de l’extrême tension régnant dans la ville, les abords de la mosquée étaient bondés d’hommes portant des machettes, alors que les rues voisines, dans lesquelles gisaient d’autres corps, étaient désertes.

De son côté, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a recensé en début d’après-midi à l’hopital communautaire de Bangui 10 morts et 65 blessés, victimes de tirs ou d’armes blanches. Ce bilan partiel ne concernait que l’un des hôpitaux de la ville, et laissait présager un nombre élevé de victimes dans cette nouvelle vague de violences dans un pays livré à l’anarchie.

Des tirs d’armes automatiques et des détonations d’armes lourdes ont éclaté avant l’aube dans plusieurs quartiers de la capitale. Les tirs ont débuté dans la zone du PK-12, dans le nord de la ville, puis se sont étendus à d’autres quartiers, notamment non loin du centre, dans la zone du fleuve.

Au fil des heures, les tirs ont nettement diminué d’intensité, même si à 14H00 (13H00 GMT) des tirs épisodiques étaient encore signalés dans certains quartiers.

Dans la journée, 250 soldats français se sont déployés dans les rues, quelques heures avant le feu vert de l’ONU a une vaste opération militaire franco-africaine dans le pays.

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.