Politique

Mandela: la presse sud-africaine salue un héros et son héritage

Le visage rayonnant de Nelson Mandela faisait la « une » vendredi des journaux sud-africains qui prenaient tous la mesure du retentissement de la mort du héros national tant dans son pays que dans le reste du monde.

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Mis à jour le 6 décembre 2013 à 07:36

Mandela: la presse sud-africaine salue un héros et son héritage © AFP

« Hamba kahle Madiba » (Va en paix Madiba), de nombreux titres s’adressaient ainsi dans sa langue, le xhosa, et de son nom de clan à l’ancien président mort jeudi soir à 95 ans.

Le quotidien en afrikaans, Die Burger, écrit simplement « Il est parti », et le Sowetan: « Goodbye Tata » (au revoir papa).

La plupart des journaux publiaient leurs gros titres en noir en signe de deuil.

« Le monde pleure », écrivait le quotidien national The Star, reflètant l’ampleur des réactions internationales et l’hommage unanime au héros de la lutte anti-apartheid et premier président noir d’Afrique du Sud.

De nombreux journaux soulignaient le rôle capital de Mandela dans la fin du régime ségrégationniste et l’accession de l’Afrique du Sud à la démocratie en 1994, cherchant dans sa vie des leçons pouvant bénéficier à un pays qui vingt ans plus tard continue de se chercher.

« Il savait que la réconciliation était possible et, de manière cruciale, possèdait la force de caractère permettant d’accepter le fait qu’un compromis était aussi essentiel que la fermeté dans les négociations avec le régime de l’apartheid », écrit le Business Day dans un éditorial.

« Son retrait après un mandat (présidentiel) unique a constitué un message très fort à l’Afrique du Sud et à l’Afrique toute entière, signifiant que les principes démocratiques étaient plus grands qu’aucun homme », ajoute le journal.

Evoquant les élections générales prévues l’an prochain, il avertit les hommes politiques « de ne pas utiliser l’émotion provoquée par cette perte pour la nation pour marquer des points politiques faciles pouvant mener à la confrontation ».

L’Argus du Cap souligne dans un éditorial que « c’était justement ses traits de caractère de commun des mortels, son humanité ordinaire, avec ses défauts et ses faiblesses, qui lui permettaient d’inspirer l’action ».

Le Cape Times, dans une édition spéciale de quatre pages avec le sourire de Mandela en première page, ajoute qu’il « a fini sa vie comme il l’avait vécue, en combattant », après avoir survécu à plusieurs hospitalisations au cours des deux dernières années.

Mais, ajoute-t-il, si la perte de Mandela sera ressentie en Afrique du Sud, le pays a suffisamment progressé au cours des vingt dernières années, pour que son héritage lui survive.

« Au cours des longs derniers mois, les Sud-Africains se sont lentement rendus compte que nous pouvions continuer sans sa présence parmi nous », écrit-il.