Politique

Nigeria: une offensive contre Boko Haram tue des civils, détruit des villages

Nigeria: une offensive contre Boko Haram tue des civils, détruit des villages © AFP

Une offensive militaire nigériane dans le nord-est du pays qui a tué plus de 50 islamistes a détruit quatre villages et laissé de nombreux cadavres éparpillés dans la nature, dont des civils, ont rapporté des témoins mardi.

L’opération avait été lancée en réponse à une attaque vendredi menée par des insurgés de Boko Haram contre un camp militaire de la ville de Bama dans l?État du Borno, l’un des points chauds dans la guerre entre Boko Haram et l’armée, a expliqué le ministre de la Défense.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Chris Olukolade, a désigné les personnes tuées comme des « terroristes ».

Des résidents locaux ont rapporté à l’AFP qu’un nombre indéterminé de civils ont aussi été tué pendant que l’armée bombardait les rebelles en fuite. Des cadavres calcinés ont été retrouvé dans la zone, la plupart seraient ceux de combattants de Boko Haram.

L’offensive militaire a « complétement brûlé quatre villages », Awaram, Ali-Ali, Suwabara et Kashimri, tous dans l?État du Borno, a dit à l’AFP un habitant, Karim Bunu.

« Des civils des villages touchés » ont été tués, a-t-il estimé.

« Nous n’avons jamais vu autant de morts », a ajouté un chef tribal qui a tenu à conserver l’anonymat. « On trouve des cadavres en décomposition partout dans la nature ».

La majorité des destructions ont été causées par des bombes larguées par des avions de combat, selon M. Bunu, le chef tribal et d’autres habitants, qui ont commencé à ramasser les cadavres et à enterrer leurs morts.

« Même si un grand nombre d’insurgés ont pu s’échapper en étant blessés par balle tandis que certains ont été arrêtés, plus de 50 d’entre eux sont morts dans les échanges de coups de feu avec les troupes qui tentaient d’appréhender les terroristes en fuite », a précisé le porte-parole du ministère de la Défense, Chris Olukolade, dans un communiqué.

Selon lui, les militaires déplorent 15 morts dans leurs rangs essentiellement lors de l’attaque, tandis que d’autres ont été tués pendant les poursuites vers la frontière avec le Cameroun.

Les militaires nigérians ont été accusés dans le passé d’adopter la politique de la terre brûlée dans leurs offensives contre Boko Haram et de ne pas distinguer entre des cibles civiles et rebelles. Ces accusations ont toujours été démenties par la Défense nigériane.

Selon plusieurs témoins, des membres de Boko Haram avaient pris d’assaut le camp Mohammed Kur à Bama tôt vendredi matin en tirant, avant de mettre le feu au campement. Il a été signalé que des femmes, des enfants et des soldats ont été enlevés pendant l’offensive.

L’armée a rapporté que les islamistes avaient essayé de s’enfuir via la frontière avec le Cameroun mais ont été poursuivi pendant le week-end par des troupes au sol, avec l’aide d’avions de combat déployés à partir d’une base de la capitale du Borno, Maiduguri, située à 60 km de là.

L’état d’urgence a été déclaré en mai dans l?État du Borno ainsi que dans deux États voisins du nord-est, ce qui a permis aux militaires de combattre l’insurrection menée par Boko Haram depuis quatre ans, qui a tué des milliers de personnes.

Boko Haram déclare vouloir créer un état islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman. Le Sud du pays est chrétien.

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