Politique

Togo: sit-in de journalistes pour exiger la libération d?un confrère

Une cinquantaine de journalistes des médias privés ont organisé vendredi un sit-in non loin de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à Lomé pour exiger la libération de leur confrère accusé de diffamation, a constaté l?AFP.

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Mis à jour le 22 mai 2015 à 18:01

Togo: sit-in de journalistes pour exiger la libération d?un confrère © AFP

Bonéro Lawson-Betum, directeur de publication du mensuel La Nouvelle a été interpellé le 19 mai et gardé à vue à la DCPJ pour « diffamation ».

Il lui est reproché d?avoir publié sur sa page Facebook des articles portant atteinte à l?honneur du ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame et sa famille.

Le sit-in était prévu devant la DCPJ, mais toute la zone était bouclée par des forces de l?ordre.

« Pour éviter des affrontements, nous avons tenu notre sit-in à quelque 300 mètres de la DCPJ. Nous exigeons la libération pure et simple de notre confrère », a expliqué à l?AFP Zeus Aziadouvo, président du Patronat de la presse togolaise (PPT, l?une des associations des patrons de presse).

« Le ministre a accusé notre confrère de publier sur Facebook des articles attentatoires à son honneur, à l?honneur de sa famille et des menaces sur sa fille qui réside à Bordeaux en France. En réalité, ce n’est pas lui qui a écrit les articles, mais plutôt un autre blogueur avec qui il est ami sur Facebook », a-t-il indiqué.

« M. Lawson-Betum été enlevé en pleine rue et gardé à la DCPJ où il a été informé de la plainte déposée par le ministre de la Sécurité. Son domicile a été ensuite perquisitionné et son matériel de travail emporté », a ajouté M. Aziadouvo.

Des responsables de la police judiciaire interrogés par l?AFP n?ont pas voulu faire de commentaire.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce une « détention arbitraire » du journaliste et invite les autorités togolaises à le « libérer incessamment ».

Très critique vis-à-vis du pouvoir, le journal de M. Lawson-Betum avait été déjà suspendu en juillet 2012 par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), le journaliste n?ayant pas justifié de l?authenticité de son récépissé.