Politique

RDC: le militant Fred Bauma passera 15 jours en détention provisoire (ONU)

Le militant Fred Bauma, transféré mardi à la prison centrale de Kinshasa après plus d’un mois et demi de détention au secret, passera 15 jours en détention provisoire, a annoncé jeudi un responsable onusien en République démocratique du Congo.

Par
Mis à jour le 7 mai 2015 à 19:22

RDC: le militant Fred Bauma passera 15 jours en détention provisoire (ONU) © AFP

La justice congolaise « a décidé de le maintenir en détention provisoire pendant 15 jours », a déclaré à l’AFP Jose Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC.

« De ce que je sais, il n’y avait pas assistance d’un avocat », a-t-il ajouté.

Fred Bauma, du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), basé dans l’est de la RDC, a été arrêté le 15 mars à Kinshasa avec une trentaine de personnes lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie en Afrique.

Cette rencontre, en partie parrainée par les Etats-Unis, s’est déroulée en présence de trois militants de célèbres mouvements citoyens sénégalais et burkinabè, ensuite expulsés après avoir été accusés par Kinshasa de préparer des « actes de violences » contre le pouvoir.

La plupart des détenus congolais ont été libérés mais Fred Bauma restait détenu au secret à l’Agence nationale de renseignement (ANR), avec un autre militant, Yves Makwambala, du mouvement Filimbi (« Coup de sifflet » en swahili), qui a été inculpé de haute trahison puis écroué, selon Lucha.

Fred Bauma n’a pas été inculpé mais il serait notamment soupçonné de « participation à une insurrection », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

« Je ne pense pas que la situation va se décanter vite car il apparaît qu’il sera le bouc-émissaire » et qu’il est considéré comme le « cerveau » de l’organisation de la rencontre, a affirmé à l’AFP l’un des animateurs de Lucha, sous couvert d’anonymat.

Depuis plusieurs mois, le climat se crispe en RDC à l’approche d’échéances électorales. L’opposition soupçonne le pouvoir de chercher à reporter la présidentielle de novembre 2016 afin de permettre au chef de l’Etat Joseph Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat.

En janvier, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors de troubles provoqués par une nouvelle loi électorale.