Politique

Tunisie: fermeture de mosquées et de médias après la mort de 15 soldats

Le gouvernement tunisien a annoncé une série de mesures, dont la fermeture de mosquées et celle de médias « appelant au jihad », suite à la mort de 15 soldats dans une attaque cette semaine.

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Mis à jour le 20 juillet 2014 à 15:17

Tunisie: fermeture de mosquées et de médias après la mort de 15 soldats © AFP

Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, les autorités ont annoncé « la fermeture immédiate des mosquées se trouvant hors de la supervision du ministère des Affaires religieuses » jusqu’à la nomination de nouveaux responsables pour ces lieux de culte, ainsi que celle des « mosquées où la célébration de la mort de nos soldats a été confirmée ».

Après la révolution qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, de nombreuses mosquées sont tombées aux mains de radicaux, devenant selon les autorités des foyers d’appels à la violence.

Ces mesures interviennent suite à l’assaut qui a tué 15 soldats mercredi soir sur le mont Chaambi, où l’armée traque un groupe accusé de liens avec Al-Qaïda. Il s’agit de la pire attaque de l’histoire de l’armée tunisienne.

D’après les autorités, de 40 à 60 « terroristes » armés de mitrailleuses, de grenades et de lance-roquettes ont ouvert le feu sur des soldats dans cette région montagneuse à la frontière algérienne.

La Tunisie fait face depuis 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, et une cinquantaine de membres des forces de l’ordre ont été tués dans des attaques impliquant des groupes armés.

Le gouvernement a également annoncé « la fermeture immédiate des radios et télévisions sans licence et qui se sont transformées en (. . . ) espaces pour le takfir (l’acte de déclarer une personne infidèle, ndlr) et l’appel au jihad ».

Dans un nouveau communiqué dimanche, le bureau du Premier ministre Mehdi Jomaa a indiqué que le gouvernement avait décidé de fermer la radio religieuse Nour et la chaîne télévisée Al-Insen.

Le paysage audiovisuel tunisien reste en plein chantier plus de trois ans après la révolution, et de nombreuses radios et télévisions opèrent sans autorisation.

Les autorités doivent aussi prendre « les mesures nécessaires pour faire face aux pages incitant à la violence, au terrorisme et au takfir sur les réseaux sociaux ».

Le gouvernement indique enfin « considérer les institutions sécuritaire et militaire comme une ligne rouge », affirmant que « toute personne, groupe, parti ou institution les dénigrant s’expose à des poursuites judiciaires et militaires ».