Politique

Négociations à l’OMC: l’Afrique veut un traitement prioritaire du coton

Les pays africains producteurs de coton veulent que ce dossier ouvre les prochaines négociations sur le cycle de Doha pour la libération du commerce mondial, a déclaré lundi le ministre burkinabè du commerce lors d’une réunion à Ouagadougou sur le coton.

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Mis à jour le 17 novembre 2008 à 16:17

Négociations à l’OMC: l’Afrique veut un traitement prioritaire du coton © AFP

« Puisque le coton est le seul élément clé des négociations agricoles qui n’a pas été discuté à Genève (Suisse) en juillet dernier, le C4 et les 36 pays africains producteurs de coton demandent que dorénavant, les négociations débutent avec le dossier coton », a dit Mamadou Sano lors de cette rencontre organisée de lundi à vendredi sur « technologies et développement du coton ».

M. Sano, coordonnateur du C4 qui regroupe les quatre principaux pays africains producteurs de coton (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad), a appelé à relancer « au plus vite » les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) « en ayant toujours bien à l’esprit le mandat de la sixième conférence ministérielle de Hong-Kong qui invitait à +traiter le coton de manière ambitieuse, rapide et spécifique+ ».

« Cela voudrait dire que tout résultat pour le coton devra être objectivement supérieur à ce qui aura été obtenu dans l’agriculture », a prévenu M. Sano.

La rencontre est organisée par le gouvernement burkinabè avec la participation du Comité consultatif du coton (CCIC), organisme crée en 1939 à Washington et regroupant les 44 principaux pays producteurs du coton dans le monde (Etats-Unis, Chine, Inde, Turquie, Egypte, etc. ).

Les producteurs africains demandent que les Etats industrialisés, essentiellement les Etats-Unis, mais aussi l’Union européenne, baissent leurs subventions, qui plombent selon eux les cours mondiaux et pénalisent le secteur dans les pays pauvres.

Selon le ministre burkinabè, « une réduction des subventions accordées au coton doit être plus ambitieuse que la réduction acceptée pour l’agriculture en général. En outre, tout résultat qui n’aurait aucun effet sur les cours internationaux du coton serait également jugé inacceptable » par les pays africains.

Le président de l’Association du coton africain (ACA) qui regroupe les principales sociétés cotonnières d’Afrique, Célestin Tiendrébéogo, a indiqué que le coton africain traverse une crise sur le marché international caractérisé par une chute « drastique » des prix, la baisse des revenus des paysans et un taux de change euro/dollar « défavorable aux pays africains francophones qui ont le franc CFA en partage ».

M. Tiendrébéogo, également directeur général de la Société des fibres et textiles du Burkina (SOFITEX), la principale société cotonnière burkinabè, a déploré l’augmentation des prix des intrants agricoles, une baisse des rendements aux champs, le renchérissement du coût de la vie pour les agriculteurs ainsi qu’une pluviométrie « capricieuse » dans la plupart des pays producteurs d’Afrique où la production est encore tributaire de la pluie.