Politique

Une responsable rwandaise disculpée par l’ancien témoin clé du juge Bruguière

Un témoin clé dans l’enquête française sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Habyiarimana en 1994 a disculpé mardi Rose Kabuye, une proche de l’actuel chef de l’Etat Paul Kagame, arrêtée dans le cadre de ce dossier et doit être présentée mercredi aux juges français.

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Mis à jour le 18 novembre 2008 à 11:50

Une responsable rwandaise disculpée par l’ancien témoin clé du juge Bruguière © AFP

« Je la connais. Elle n’a jamais eu quelque chose à voir avec ces opérations (l’attentat). Elle n’y est pour rien », a affirmé sur la radio France Culture Josué Ruzibiza, un ancien soldat du Front patriotique rwandais (FPR, guerilla tutsie) en rupture de ban.

Josué Ruzibiza –autrefois prénommé Abdul– vit en Norvège et a été un des témoins principaux du juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière dans son enquête sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide des hutus contre les tutsis.

Le juge Bruguière, qui considérait la rébellion tutsie comme responsable de cet attentat, a demandé en novembre 2006 des mandats d’arrêt internationaux contre neuf proches de M. Kagame, dont Rose Kabuye.

M. Ruzibiza, qui se déclare aujourd’hui victime de « manipulations politiques », a déclaré se « désolidariser » du juge Bruguière. « Je l’ai été (témoin clé) jusqu’au moment où je me suis désolidarisé de lui (. . . ) parce que j’y voyais des manipulations politiques. La liste des accusés ne correspond pas du tout à ce que moi ou d’autres auraient dit. Je vois des falsifications de noms, des choses vraiment illogiques », a-t-il dit.

Rose Kabuye, la chef du protocole de la présidence rwandaise, a été arrêtée le 9 novembre en Allemagne et doit être transférée mercredi devant les juges français à Paris. Cette arrestation a provoqué une nouvelle crispation dans les relations déjà très tendues entre Kigali et Paris. Le Rwanda, qui accuse la France d’être impliquée dans le génocide de 1994 –ce qu’elle dément–, a rompu ses relations diplomatiques avec Paris suite à l’ordonnance du juge Bruguière en 2006.