Politique

Les pirates du superpétrolier saoudien réclament une rançon (TV)

Les pirates somaliens qui ont capturé le superpétrolier saoudien Sirius Star réclament une rançon pour mettre fin à leur action, a annoncé mercredi sur Al-Jazira un homme présenté par la chaîne qatarie comme l’un des pirates.

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Mis à jour le 19 novembre 2008 à 06:43

Les pirates du superpétrolier saoudien réclament une rançon (TV) © AFP

« Des négociateurs se trouvent à bord du navire et à terre. Lorsqu’ils auront donné leur accord à la rançon, celle-ci sera acheminée en espèces jusqu’au pétrolier », a déclaré le pirate, identifié à l’écran d’Al-Jazira comme étant Farah Abd Jameh. Il n’a pas précisé le montant de la rançon.

« Nous assurerons la sécurité du navire. Nous ferons le compte de l’argent mécaniquement », ajoute le pirate, dont la voix était doublée en arabe, avertissant: « Nous disposons des équipements nécessaires pour identifier les faux billets ».

Les pirates qui ont capturé le Sirius Star, propriété de la compagnie saoudienne Aramco, le 15 novembre dans l’océan Indien, ont ancré mardi leur prise d’une valeur de quelque 250 millions de dollars au large d’Harardere, à 300 km au nord de Mogadiscio.

Harardere est l’un des ports utilisés par les pirates somaliens pour garder les bateaux qu’ils ont capturés en attendant de recevoir les rançons qu’ils réclament pour relâcher navires et équipages.

L’opérateur du superpétrolier, Vela International Marine Ltd, a assuré que la sécurité des membres de l’équipage –deux Britanniques, deux Polonais, un Croate, un Saoudien et 19 Philippins– était sa priorité absolue, dans un communiqué publié sur le site internet de l’entreprise.

La capture du bateau est l’opération de piraterie la plus spectaculaire menée au large de la Somalie. Elle constitue un défi pour la force maritime internationale censée protéger le trafic marchand dans cette partie du monde.

La force navale anti-piraterie, surtout de l’Otan, déployée dans la zone est censée prévenir ce genre d’attaques, très lucratives pour la Somalie, un pays livré au chaos depuis le début d’une guerre civile en 1991.

Mis en service le 8 avril, le Sirius Star a été capturé en plein océan Indien, à plus de 450 milles nautiques (800 km) au sud-est de la ville de Mombasa au Kenya.

De son côté, le Bureau maritime international (BMI) a estimé que les attaques de pirates somaliens étaient devenues « incontrôlable ».

« La situation observée ces dernières semaines fait ressortir une augmentation anormale des actes de violence et des saisies de navires malgré le renforcement de la sécurité dans la région », a déclaré à l’AFP Noel Choong, directeur du Centre d’observation de la piraterie du BMI basé à Kuala Lumpur.

« En l’absence de dissuasion, en raison des risques faibles et avec la perspective de gains élevés pour les pirates, les attaques vont continuer », a-t-il dit.

« La situation est déjà incontrôlable. Les Etats-Unis et la communauté internationale doivent faire cesser cette menace », a-t-il dit.

Selon Noel Choong, des pirates ont pris le contrôle, mardi, d’un chalutier thaïlandais dans le Golfe d’Aden. Les communications ont été coupées au moment de l’abordage et l’on ignore le sort des 16 membres d’équipage, selon la même source.

Mardi, des pirates ont également pris le contrôle d’un cargo battant pavillon de Hong kong, et opéré par une compagnie iranienne, dans le golfe d’Aden, au large du Yémen.

Samedi, le Sirius Star a été capturé à plus de 450 milles nautiques (800 km) au sud-est de Mombasa (Kenya).

La prise de contrôle de ce mastodonte, trois fois plus grand qu’un terrain de football et trois fois plus lourd qu’un porte-avion, est l’opération de piraterie la plus spectaculaire qui constitue un défi pour la force maritime internationale censée protéger le trafic marchand dans cette partie du monde.

Selon le BMI, depuis janvier, 94 bateaux ont été attaqués par des pirates au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden. Trente huit navires ont été saisis dont 17 sont toujours aux mains des pirates avec 250 membres d’équipage.