Politique

Piratage: demande de rançon pour le superpétrolier saoudien, 3 autres détournements

Les pirates somaliens qui ont capturé le superpétrolier saoudien Sirius Star réclament une rançon pour mettre fin à leur action, alors que trois autres navires ont été détournés mardi.

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Mis à jour le 19 novembre 2008 à 08:25

Piratage: demande de rançon pour le superpétrolier saoudien, 3 autres détournements © AFP

« Des négociateurs se trouvent à bord du navire et à terre. Lorsqu’ils auront donné leur accord à la rançon, celle-ci sera acheminée en espèces jusqu’au pétrolier », a déclaré mercredi sur Al-Jazira un homme présenté par la chaîne qatarie comme l’un des pirates.

Ce pirate, identifié à l’écran d’Al-Jazira comme étant Farah Abd Jameh, n’a pas précisé le montant de la rançon.

« Nous assurerons la sécurité du navire. Nous ferons le compte de l’argent mécaniquement », ajoute le pirate, dont la voix était doublée en arabe, avertissant: « Nous disposons des équipements nécessaires pour identifier les faux billets ».

Les pirates qui ont capturé le Sirius Star, propriété de la compagnie saoudienne Aramco, le 15 novembre dans l’océan Indien, ont ancré mardi leur prise d’une valeur de quelque 250 millions de dollars au large d’Harardere, à 300 km au nord de Mogadiscio.

Harardere est l’un des ports utilisés par les pirates somaliens pour garder les bateaux qu’ils ont capturés en attendant de recevoir les rançons qu’ils réclament pour relâcher navires et équipages.

L’opérateur du superpétrolier, Vela International Marine Ltd, a assuré que la sécurité des membres de l’équipage –deux Britanniques, deux Polonais, un Croate, un Saoudien et 19 Philippins– était sa priorité absolue, dans un communiqué publié sur le site internet de l’entreprise.

La capture du bateau est l’opération de piraterie la plus spectaculaire menée au large de la Somalie. Elle constitue un défi pour la force maritime internationale censée protéger le trafic marchand dans cette partie du monde.

La force navale anti-piraterie, surtout de l’Otan, déployée dans la zone est censée prévenir ce genre d’attaques, très lucratives pour la Somalie, un pays livré au chaos depuis le début d’une guerre civile en 1991.

Mis en service le 8 avril, le Sirius Star a été capturé en plein océan Indien, à plus de 450 milles nautiques (800 km) au sud-est de la ville de Mombasa au Kenya.

Depuis, trois autres navires ont été capturés dans le golfe d’Aden: un chalutier thaïlandais, un cargo immatriculé à Hong-Kong et un vraquier grec, a déclaré à l’AFP Andrew Mwangura, responsable de la branche kényane d’un programme d’assistance aux marins, basé dans la ville portaire de Mombasa.

Et le Bureau maritime international (BMI) considère ue les attaques de pirates somaliens sont devenues « incontrôlable ».

« La situation observée ces dernières semaines fait ressortir une augmentation anormale des actes de violence et des saisies de navires malgré le renforcement de la sécurité dans la région », a déclaré à l’AFP Noel Choong, directeur du Centre d’observation de la piraterie du BMI basé à Kuala Lumpur.

« En l’absence de dissuasion, en raison des risques faibles et avec la perspective de gains élevés pour les pirates, les attaques vont continuer », a-t-il dit.

« La situation est déjà incontrôlable. Les Etats-Unis et la communauté internationale doivent faire cesser cette menace », a-t-il dit.

Selon Noel Choong, les communications avec le chalutier thaïlandais ont été coupées au moment de l’abordage et l’on ignore le sort des 16 membres d’équipage.

La prise de contrôle du mastodonte Sirius Star, trois fois plus grand qu’un terrain de football et trois fois plus lourd qu’un porte-avion, est l’opération de piraterie la plus spectaculaire qui constitue un défi pour la force maritime internationale censée protéger le trafic marchand dans cette partie du monde.

Selon le BMI, depuis janvier, 94 bateaux ont été attaqués par des pirates au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden. Trente huit navires ont été saisis dont 17 sont toujours aux mains des pirates avec 250 membres d’équipage.