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Climat: l’Afrique adopte une plateforme commune avant Copenhague

Les pays africains ont adopté mercredi soir une plateforme commune sur les changements climatiques qui leur servira de base dans les négociations à la conférence sur le climat de Copenhague prévue en décembre 2009.

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Mis à jour le 19 novembre 2008 à 22:57

Climat: l’Afrique adopte une plateforme commune avant Copenhague © AFP

Cette plateforme a été adoptée par près de 50 Etats qui ont participé à la Conférence des ministres africains de l’Environnement sur les changements climatiques, a annoncé en séance plénière le ministre algérien délégué aux Affaires africaines et maghrébines, Abdelkader Messahel.

« Il y aura une position africaine commune » et « l’Afrique entend et veut parler d’une seule voix » tant en décembre à Pozdam (Pologne) qu’à Copenhague, ajouté M. Messahel.

La « feuille de route » de Bali imposait aux 190 Etats parties à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) de négocier un futur accord multilatéral de lutte contre les gaz à effet de serre (GES) d’ici à Copenhague, prolongeant le Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

La plateforme préconise en particulier une réforme et un élargissement des sources de financement des mécanismes de développement propre (MDP), qui permettent aux pays développés de compenser une partie de leurs émissions de CO2 en investissant dans un projet « propre » au sud portant sur l’énergie ou la reforestation.

« Les pays africains ne bénéficient que de 2% du total de ces MDP, contre 75% pour 4 ou 5 pays du sud comme la Chine, l’Inde, le Brésil, et 25% à l’Amérique latine », a souligné le ministre algérien de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement Cherif Rahmani dans une conférence de presse présentant cette plateforme.

Celle-ci prévoit également la création d’une task-force qui permettrait aux pays africains de négocier entre deux conférences. Composée en particulier de l’Afrique du sud, de l’Algérie et du Soudan, elle serait un « instrument rapide, flexible » pour parler au nom de l’Afrique, a ajouté le ministre.

La plateforme commune constitue une « vision africaine partagée qui doit fixer un objectif, un plafond au delà desquels les pays développés ne doivent pas aller », a dit M. Rahmani.

« L’afrique pollue à hauteur de 3%, historiquement elle n’a rien pollué et les pays développés doivent assumer tout le passif historique », a-t-il ajouté en précisant que le texte demande un « ancrage juridique » dans les accords de Copenhague de l’adaptation nécessaire que l’Afrique doit apporter pour avoir une économie moins carbonée (. . . ) dans la perspective d’un développement durable ».

La crise financière actuelle ne peut constituer un alibi pour les pays riches pour renier leurs engagements », a aussi déclaré le ministre algérien.

« L’essentiel c’est que les Africains vont peser pour qu’il y ait un accord à à Copenhague, car l’essentiel c’est de prendre des décisions pour l’après 2012. Nous avons une position qui se matérialise dans une plateforme avec toutes les thématiques concernées par les négociations de Poznam et Copenhague », a-t-il ajouté.

Enfin, la plateforme appelle « à une alliance intercontinentale », une alliance « qui serait un cadre de partage d’expériences, de transfert de technologies et financier.

PLusieurs organisations internationales comme le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ou pour le développement (PNUD), le Fonds pour l’environnement mondial, ou la Convention cadre des Nations unies pour l’Environnement ont participé à cette conférence, saluée par un message du président Abdelaziz Bouteflika.

L’Algérie préside le Groupe Afrique dans les négociations sur le climat.