Politique

14 clandestins morts dans un naufrage au large de Mayotte

Quatorze personnes ont péri et sept sont portées disparues vendredi dans le naufrage d’une barque chargée de clandestins au large de l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien, selon un nouveau bilan fourni par les autorités locales de l’île.

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Mis à jour le 21 novembre 2008 à 14:15

14 clandestins morts dans un naufrage au large de Mayotte © AFP

Quatorze personnes ont péri et sept sont portées disparues vendredi dans le naufrage d’une barque chargée de clandestins au large de Mayotte, ont indiqué la préfecture et les affaires maritimes de cette île française de l’Océan indien.

Douze personnes ont survécu à ce drame survenu jeudi soir à dix kilomètres des côtes.

Un précédent bilan était de 4 morts, 17 disparus et 12 rescapés.

L’embarcation, transportant des clandestins en provenance des Comores, a fait naufrage en tentant de franchir la barrière de corail dans le sud de Mayotte.

Trente-trois personnes dont 26 adultes et 7 enfants étaient dans l’embarcation, selon les témoignages des rescapés.

Les recherches se poursuivaient vendredi, sous la pluie mais par mer calme, pour tenter de retrouver des victimes de ce drame survenu jeudi vers 20h00 locales, à dix kilomètres au large de Mayotte.

Selon les témoignages des 12 rescapés, le « kwassa », une barque de pêche traditionnelle, transportait 33 personnes, dont 7 enfants. Il a sans doute heurté un platier, c’est-à-dire un haut-fond de corail découvrant à marée basse.

« Toute l’île est entourée d’un lagon, avec des passes relativement étroites », a expliqué à l’AFP Odile Guarrigues, chargée de communication de la préfecture. A l’endroit du naufrage, au sud de l’île, se trouve un double platier rendant la navigation particulièrement délicate, a précisé cette source.

C’est un pêcheur qui a découvert le naufrage. Il a réussi à sauver huit personnes en les déposant sur une plage, avant de donner l’alerte à 01H05 locales vendredi.

Le PC de l’action de l’Etat a aussitôt été activé pour suivre le déroulement des opérations. Toute la nuit, une vedette de la police de l’air et des frontières, une autre de la gendarmerie ainsi que le navire de la gendarmerie maritime ont participé aux recherches, renforcées par un ULM au lever du jour.

Quatre naufragés supplémentaires ont ainsi pu être secourus.

Un précédent naufrage de « kwassa », le 24 juillet, avait fait six morts et seize disparus à un kilomètre à peine des côtes.

Des milliers de Comoriens clandestins venus d’Anjouan tentent chaque année de s’installer à Mayotte, distante de seulement 70 km.

Les autorités ont déjà intercepté, depuis le début de 2008, quelque 200 « kwassa » transportant ces clandestins. Ceux qui sont arrêtés sont, dans la plupart des cas, expulsés dans les cinq jours.

Quant aux douze rescapés du naufrage, aucune décision n’avait été prise vendredi matin. « Nous réfléchissons à un moyen leur permettant d’identifier leurs morts », a indiqué Mme Guarrigues.

D’après une estimation du député René Dosière (PS/Aisne), qui a présidé une mission sur le sujet, les clandestins d’Anjouan représentent « en gros un tiers de la population » de Mayotte.

L’île française, dont le produit intérieur brut est neuf fois supérieur à celui des Comores, représente pour eux un eldorado économique.

La France réagit en augmentant les moyens d’interception, comme des vedettes rapides, ou un nouveau radar au sud de l’île. Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, a également promis l’ouverture d’un nouveau centre de rétention administrative en 2010.

Mais Paris tente aussi d’agir à la source. Le gouvernement a ainsi relancé au printemps la politique d’aide au développement des Comores. Une zone de libre-échange est prévue pour les fruits et légumes. La France doit aussi investir dans l’hôpital d’Anjouan et dans une nouvelle maternité.