Politique

Kouchner espère que l’affaire Kabuye aidera à une normalisation avec Kigali

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a souhaité dimanche que la mise en examen en France de Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame, puisse faciliter une reprise des relations diplomatiques entre Paris et Kigali.

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Mis à jour le 23 novembre 2008 à 19:05

« J’espère que cela va permettre que, enfin, on rétablisse » ces relations rompues en 2006 par le Rwanda après l’émission par la justice française de mandats d’arrêts internationaux contre des proches de M. Kagame, dont Mme Kabuye, a-t-il dit au cours de l’émission Internationales de Radio France Internationale, TV5 Monde et le journal Le Monde.

Mme Kabuye est soupçonnée d’être impliquée dans l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais de l’époque Juvénal Habyarimana, qui avait été tué dans l’explosion, ainsi notamment que l’équipage français de l’appareil.

Cet attentat avait marqué le début du génocide perpétré par les extrémistes hutus principalement contre la population tutsie, à laquelle appartient M. Kagame, qui avait fait quelque 800. 000 morts selon l’ONU.

M. Kouchner a fait valoir que Mme Kabuye pourra désormais avoir accès au dossier, et a souhaité que cela puisse dissiper les « malentendus » qui se sont accumulés entre les deux pays au sujet du génocide.

« J’espère que ayant accès au dossier, elle pourra, grâce à ses avocats, dissiper ces énormes malentendus, je le souhaite infiniment, il faut que l’on rétablisse, avec ceux qui ont subi le génocide, avec ce Rwanda qui renaît, des relations normales », a déclaré M. Kouchner.

Le Rwanda a à de nombreuses reprises accusé la France de collusion avec les responsables du génocide. Paris de son côté a toujours récusé toute responsabilité dans ces massacres.

Interrogé pour savoir s’il considérait que le président Kagame avait une responsabilité dans l’attentat contre M. Habyarimana, M. Kouchner a répondu qu’il n’en « savait rien », et a estimé que le génocide aurait eu lieu de toutes façons.

« J’y étais, j’étais le seul Français à être là pendant le génocide, je peux vous dire qu’il a été préparé, qu’il a été déterminé, et je ne sais pas si c’est l’avion qui l’a déclenché, mais il aurait été déclenché de toutes façons ».

« Ce n’est pas ça qui compte, c’est le génocide », a-t-il dit, en accusant les tenants de la thèse selon laquelle il aurait également un génocide des Tutsis contre les Hutus. « Maintenant il y a une théorie chez les révisionnistes qui s’appelle le deuxième génocide, je ne peux pas supporter ça », a-t-il dit.