Politique

Yémen: les forces de sécurité assiègent les ravisseurs de 3 otages allemands

Les forces yéménites encerclaient mardi près de Sanaa le repaire des ravisseurs d’un couple d’Allemands et de leur fille, pris en otages par des membres d’une tribu qui réclament la libération de deux des leurs ainsi que le versement d’une rançon.

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Mis à jour le 17 décembre 2008 à 09:42

En encerclant le repaire à Nabaa, une bourgade de la région de Bani Dhabyane, une zone montagneuse difficile d’accès, à 80 km à l’est de Sanaa, les autorités « s’emploient à libérer les trois Allemands et arrêter les ravisseurs pour les poursuivre en justice », a déclaré un responsable de la sécurité, le colonel Saleh Dahmesh.

Cité par le journal en ligne du ministère de la Défense, 26Sep. net, le colonel Dahmesh a identifié le principal ravisseur comme étant Abd Rabbo Saleh Al-Tam.

« L’ambassade d’Allemagne a demandé aux autorités de ne pas recourir à la force pour la libération de ses ressortissants » enlevés dimanche, a par ailleurs rapporté à l’AFP un diplomate occidental.

Parallèlement, « la police a poursuivi une vague d’arrestations parmi les membres de la tribu des ravisseurs pour faire pression sur eux afin d’obtenir la libération des otages allemands », a indiqué une source tribale, évoquant « au moins 100 interpellations ».

Une Allemande travaillant au Yémen et ses parents, en visite, ont été enlevés par des membres de la tribu des Bani Dhabyane. Selon un diplomate occidental, ils se trouvaient alors à Al-Bayda, à 150 km au sud-est de Sanaa, dans le cadre d’une excursion.

D’après le quotidien arabe Asharq Al-Awsat, l’Allemande séjourne depuis plus de dix ans au Yémen où elle travaille pour l’organisation publique allemande de coopération internationale pour le développement durable GTZ. Ses parents se trouvaient depuis une dizaine de jours dans le pays, qu’ils ont déjà visité à plusieurs reprises.

Quant aux ravisseurs, ils veulent obliger les autorités à libérer deux des leurs, emprisonnés depuis près de quatre mois dans une affaire liée à un différend sur un lot de terrains à Sanaa.

A présent, selon la source tribale, ils réclament également le versement d’une rançon de 200. 000 dollars en guise de compensation pour les terrains.

« Les ravisseurs s’en tiennent à la satisfaction de leur demande (. . . ) et ils ont fait parvenir un message aux autorités allemandes, via leur ambassade à Sanaa, dans lequel ils s’estiment victimes d’un régime (yéménite) injuste », a dit cette source.

« Des dignitaires tribaux, dont des membres du Parlement, mènent, au nom des ravisseurs, des contacts avec l’ambassade d’Allemagne. Ils l’ont assurée que les trois otages se portaient bien », selon cette source.

Le Yémen, pays à structure tribale, est le théâtre de fréquents enlèvements d’étrangers par des tribus qui cherchent à obtenir satisfaction pour différentes demandes auprès des autorités.

Plus de 200 étrangers y ont été enlevés ces 15 dernières années par des tribus locales qui se servent souvent de ces otages dans le cadre de différends avec le pouvoir central.

L’une de ces prises d’otages avait concerné une famille allemande. Ses cinq membres, dont l’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Jürgen Chrobog, avaient été enlevés durant trois jours en décembre 2005 par des hommes tribaux qui exigeaient aussi la libération de cinq proches détenus par les autorités.

Généralement, les demandes sont satisfaites et les otages sont libérés sans violences, à l’exception d’une affaire remontant à décembre 1998. Trois Britanniques et un Australien, enlevés par des militants islamistes, avaient été tués dans l’assaut donné par les forces de sécurité pour les libérer.