Politique

Somalie: l’Igad condamne Yusuf et sanctionne son nouveau Premier ministre

L’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad, six pays d’Afrique de l’Est) a condamné le président du gouvernement de transition somalien (TFG) et imposé des sanctions contre le Premier ministre qu’il a désigné mi-décembre.

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Mis à jour le 21 décembre 2008 à 18:28

A l’issue du 31e conseil des ministres extraordinaire de l’Igad à Addis Abeba, l’organisation régionale a « décidé d’imposer des sanctions » sur le Premier ministre nommé par le président du TFG Abdullahi Yusuf Ahmed.

Le président somalien avait nommé le 16 décembre un nouveau Premier ministre, Mohamoud Mohamed Gouled, malgré l’opposition du Parlement de transition qui a jugé illégal le limogeage du précédent, Nur Hassan Hussein.

Selon la charte du gouvernement fédéral de transition, le président n’a pas le pouvoir de démettre le Premier ministre sans l’approbation du Parlement. Or, ce dernier a apporté un soutien massif au Premier ministre limogé et à son gouvernement, les qualifiant de « légitimes ».

« Le conseil regrette la tentative par le président Abdullahi Yusuf de nommer de manière inconstitutionnelle un nouveau Premier ministre que l’Igad ne reconnaît pas et décide de lui imposer des sanctions immédiatement ainsi qu’à ses associés », indique le communiqué final de la réunion.

L’Igad appelle ses Etats membres ainsi que l’Union Africaine (UA) et l’ONU à prendre également des sanctions et à maintenir la pression sur le président Yusuf.

Le président du Conseil, le ministre éthiopien des Affaires étrangères Seyoum Mesfin, a précisé à l’AFP que « si M. Yusuf continue sur cette voie, des sanctions lui seront également imposées ».

L’Igad a « réaffirmé son soutien au Premier ministre (limogé par le président Yusuf) Nur Hassan Hussein » et aux membres de son gouvernement, et a appelé le TFG à faire preuve d’unité.

Lors de cette réunion, l’Igad a par ailleurs exprimé son « soutien à l’intention du gouvernement du Kenya de prendre des mesures contre des dirigeants somaliens dont le président du TFG, conformément aux décisions du Conseil (le 20 novembre) qui avait approuvé l’imposition de sanctions ciblées contre tous ceux qui sont devenus un obstacle à la paix en Somalie ».

Le Kenya a récemment annoncé que son gouvernement allait prendre des sanctions individuelles contre M. Yusuf, suite à sa décision de démettre le Premier ministre Nur Hassan Hussein.

A l’ouverture de la réunion de dimanche, le secrétaire exécutif de l’Igad, Mahboub Maalim, avait demandé aux Etats membres de « désigner ceux qui font obstacle à la paix en Somalie » et à « prendre des sanctions contre eux ».

« La situation en Somalie reste extrêmement volatile », avait souligné pour sa part l’envoyé spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Charles Petrie. « En conséquence il n’y a pas de temps à perdre. Le temps de parler est terminé ».