Politique

« TGV » ou la fulgurante ascension d’Andry Rajoelina, ancien DJ d’Antananarivo

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Mis à jour le 14 mars 2009 à 14:40

Surnommé « TGV » pour son côté fonceur, le maire d’Antananarivo et ancien disc-jockey Andry Rajoelina, 34 ans, a connu une ascension fulgurante en politique pour finalement s’imposer comme le rival du président Marc Ravalomanana, au terme d’un bras de fer de trois mois.

Devenu en quelques semaines le chef de l’opposition de Madagascar, Andry Rajoelina a demandé samedi au président Ravalomanana « de quitter humblement le pouvoir dans les 4 prochaines heures », lors d’un meeting devant ses partisans au centre de la capitale, en présence de militaires.

Il y a un peu plus d’un an, il était pourtant encore totalement inconnu sur la scène politique malgache.

Avec son visage poupin, Andry Rajoelina s’était présenté en tant que « candidat indépendant » aux élections municipales du 12 décembre 2007 à Antananarivo.

Jusqu’alors, le jeune Andry était plus connu pour avoir été quelques années auparavant l’un des disc-jockeys en vue de la capitale.

Mais à la surprise générale, le jeune entrepreneur issu des métiers de la communication et à la tête de deux sociétés (Injet et Domapub) spécialisées dans l’affichage publicitaire, avait remporté l’élection dès le premier tour, avec 63,27% des voix, loin devant le candidat du parti présidentiel.

Andry Rajoelina, qui a fait une partie de ses études en France, compense son manque d’expérience politique par un sens aigu de la communication. Quelques mois avant l’élection municipale, il crée la radio-télévision Viva, qui lui servira de relais médiatique lors de la campagne.

De même, il rebondit sur sa popularité et son surnom pour créer le mouvement TGV (Tanora Gasy Vonona) qui signifie « jeune malgache en mouvement ».

Se présentant durant la campagne comme un indépendant, et non comme un opposant, il se heurte très rapidement au régime, dont les candidats ont emporté la majeure partie des grandes villes du pays.

Marc Ravalomanana sait mieux que quiconque le tremplin que représente la mairie d’Antananarivo dans la vie politique malgache: lui-même avait occupé ce poste en 1999 avant de faire plier l’ex-président Didier Ratsiraka lors de la présidentielle de décembre 2001 et de la crise post-électorale.

De même, les deux hommes partagent de nombreux points communs susceptibles d’inquiéter le président.

Ils sont tous deux issus de l’ethnie Merina des hauts-plateaux, d’où vient en partie l’élite intellectuelle et économique du pays. Ils ont d’ailleurs tous deux assis leur popularité sur leur image d’hommes d’affaires à succès.

La première année du mandat de M. Rajoelina a ainsi été émaillée de conflits avec les autorités, la tension montant progressivement.

Quand sa chaîne de télévision Viva a diffusé un publi-reportage mettant en scène l’ancien président en exil Didier Ratsiraka, elle a été immédiatement interdite de diffusion, le 13 décembre.

Le maire a alors durci le ton, lançant un ultimatum pour la démocratie et la liberté d’expression, marquant le début de la crise ouverte avec le régime.

A 34 ans, Andry Rajoelina serait trop jeune pour se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en principe en 2011, puisque la Constitution malgache impose que les candidats aient au moins 40 ans.

Sa volonté affichée de parvenir à un changement de Constitution n’est dès lors peut-être pas étrangère à son jeune âge.