Politique

Génocide rwandais: le procureur du TPIR charge une ex-ministre de la Famille

| Par AFP
Génocide rwandais: le procureur du TPIR charge une ex-ministre de la Famille

Génocide rwandais: le procureur du TPIR charge une ex-ministre de la Famille © AFP

L’ex-ministre de la Famille et de la Promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, a eu un rôle dans les massacres et viols du génocide rwandais de 1994, a soutenu lundi l’accusation devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Mme Nyiramasuhuko est la seule femme détenue à ce jour par le TPIR, qui siège à Arusha en Tanzanie.

« Pauline Nyiramasuhuko n’était pas seulement une grande figure, elle a été impliquée dans les massacres et les viols qui ont été commis (en 1994) à Butare », dans le sud du Rwanda, a déclaré le substitut du procureur, Mme Holo Makwaïa.

« Au lieu de protéger les familles comme le stipulaient son ministère, elle a décidé d’exterminer les familles », a assené Mme Makwaïa qui devrait terminer son réquisitoire mardi.

Première femme inculpée de génocide et d’incitation au viol par un tribunal international, Pauline Nyiramasuhuko clame son innocence. Elle comparaît notamment avec son fils, Arsène Shalom Ntahobali, 39 ans, le plus jeune détenu du TPIR.

« Shalom Ntahobali n’était pas loin de sa mère, il a tué et violé », a poursuivi la représentante du procureur.

Une autre membre de l’équipe de l’accusation, Madelein Scharz, a abondé dans le même sens, accusant l’ex-ministre d’avoir ordonné à son fils, aux miliciens et aux soldats de tuer les hommes Tutsi, de séquestrer, violer et mettre à mort les filles et les femmes Tutsi.

Shalom Ntahobali « a travaillé avec sa mère pour éliminer les Tutsi », a renchéri un autre représentant du procureur, Lansana Dumbuya.

Citant un témoin à charge, M. Dumbuya a affirmé que Ntahobali avait enlevé une fille Tutsi à un barrage routier près de chez lui, l’avait entraînée sur un pont, puis violée avant de la tuer avec une hache.

Ce procès implique également les anciens préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo ainsi que deux anciens maires. Mme Makwaïa a déclaré que sans les six accusés, le génocide n’aurait pas eu lieu à Butare.

Après la fin des réquisitions du procureur mardi, ce sont les équipes de défense qui se relaieront pour leurs plaidoiries finales.

Ce procès qui a débuté en juin 2001 est le plus long de la justice pénale internationale.

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