Politique

Tchad/Soudan: N’Djamena « doit négocier avec les rebelles tchadiens »

Tchad/Soudan: N'Djamena "doit négocier avec les rebelles tchadiens" © AFP

Le gouvernement tchadien "doit négocier avec les rebelles tchadiens" qui mènent régulièrement des offensives depuis le Soudan voisin, a déclaré à l'AFP le secrétaire général-adjoint de l'Onu chargé des Affaires politiques, Haile Menkerios.

Interrogé sur les tensions entre ces deux pays voisins qui s’accusent mutuellement de soutenir des mouvements rebelles, M. Menkerios a déclaré: « il devrait y avoir une résolution pacifique de la question ».

« Au moins au Soudan, il y a un processus de paix; il faut une démarche similaire entre le Tchad et les rebelles du Tchad. Le gouvernement tchadien doit négocier avec les rebelles tchadiens, cela doit arriver », a-t-il souligné.

« Il n’y a pas eu de résolution du Conseil de sécurité encore, mais de clairs encouragements du secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-Moon) pour que ce dialogue intervienne. Nous soutenons un tel processus », a-t-il ajouté, rappelant que le Conseil avait « condamné les rebelles à plusieurs reprises ».

Le haut diplomate onusien était interrogé en marge d’une visite du Conseil de sécurité de l’ONU à Addis Abeba.

L’armée soudanaise a accusé samedi le Tchad de mener de nouveaux raids aériens sur son territoire et a appelé à la retenue, au lendemain d’une attaque similaire ayant conduit à un regain de tension entre les deux pays.

Vendredi, le Soudan avait accusé le Tchad d’avoir mené deux raids aériens dans l’ouest de son territoire, où se trouvent historiquement les rebelles tchadiens, et avait prévenu qu’il se réservait le droit de riposter.

Le Tchad a reconnu implicitement cette première attaque en jugeant que le Soudan était « le voleur criant au voleur ».

Les rebelles tchadiens ont lancé la semaine dernière une offensive contre N’Djamena mais, selon des sources occidentales, ont été contraints par l’armée tchadienne de regagner l’ouest du Soudan, où ils sont basés.

L’armée soudanaise a cependant réfuté tout retour des rebelles tchadiens sur son sol.

De longue date, Khartoum et N’Djamena s’accusent mutuellement de complaisance à l’égard de leurs mouvements rebelles respectifs.

Les deux pays ont signé le 3 mai un accord de réconciliation à Doha, au Qatar, qui prévoit notamment le contrôle des frontières pour empêcher les infiltrations de rebelles tchadiens venant du Soudan et de rebelles soudanais venant du Tchad.

La paix entre le Tchad et le Soudan est jugée essentielle dans l’optique de mettre un terme au conflit qui sévit depuis six ans au Darfour, région soudanaise frontalière du Tchad. Cette guerre a fait environ 300. 000 morts, selon l’ONU, seulement 10. 000 d’après Khartoum.

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