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Nostalgie, nostalgie… Marrakech s’enflamme pour le mobilier de La Mamounia

| Par AFP
Nostalgie, nostalgie… Marrakech s’enflamme pour le mobilier de La Mamounia

Nostalgie, nostalgie... Marrakech s'enflamme pour le mobilier de La Mamounia © AFP

Le marteau de Claude Aguttes tombe, adjugeant pour 32. 000 euros deux énormes bustes kitch à une jeune architecte de Casablanca, « clou » de la première journée de la vente aux enchères du palace mythique de La Mamounia, jeudi à Marrakech (sud).

« C’est la pièce la plus curieuse » de ces lots, avait annoncé le commissaire-priseur français, chargé de la vente de quelque 5. 000 pièces de l’ancien mobilier de cet hôtel prestigieux.

L’espace d’un instant, un petit vent de folie a soufflé sur la salle du Palais des Congrès, où se déroule la vente jusqu’au 24 mai. Estimés à environ un millier d’euros, les deux bustes d’atlantes -« formés de conques, coquilles et nacres »- sont partis à 32 fois ce prix.

La même acheteuse avait auparavant enlevé, pour 18. 000 euros, un « bureau plat à décor oriental » évalué à 700 euros. Les quelque 550 personnes présentes dans la salle -dont une écrasante majorité d’Européens- avaient applaudi. . .

Une paire de lanternes « orientales » en métal est partie à 650 euros, provoquant quelques sourires parmi les locaux, qui trouvent les mêmes dans la médina dix fois moins cher!

Fermée depuis 2006 pour d’importants travaux de rénovation pilotés par le décorateur/architecte d’intérieur français Jacques Garcia, La Mamounia -qui appartient à la Compagnie des chemins de fer marocains- devrait rouvrir fin septembre avec un mobilier presque totalement renouvelé.

Fauteuils, tables, lampes, commodes, buffets, guéridons, tapis, bustes, cariatides, tableaux, décors, pièces d’argenterie, harpe, services de table et linge de maison sont proposés à la vente, qui se déroule en euros.

De style majoritairement Art déco, hispano-mauresque ou classique français, le mobilier date des années 1970-80. Quelques pièces intéressantes figurent au catalogue, dont des reproductions de bergères siglées Jules Leleu.

La vente a commencé jeudi soir et le Palais des Congrès est devenu le rendez-vous de tous les collectionneurs, brocanteurs, touristes et amoureux d’un lieu créé en 1922.

Winston Churchill (qui s’y adonnait à la peinture), Richard Nixon, Ronald Reagan, Jacques Chirac, Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Edith Piaf, Orson Welles, Marguerite Yourcenar et bien d’autres grands de ce monde y séjournèrent.

L’organisation de cette vente aux enchères a été « un formidable défi » pour Claude Aguttes, qui se définit comme « le plus grand des petits commissaires-priseurs ». « Une vente à l’étranger est difficile à organiser », a-t-il souligné, et « une équipe de dix personnes a passé plusieurs semaines à Marrakech pour lister, décrire, dater, photographier et. . . évaluer » toutes les pièces.

Jeudi, environ 60 pour cent des ordres d’achat ont été donnés par des Marocains et des Français résidant au Maroc, le reste par des gens vivant hors du pays. Majoritairement des Français, mais aussi des Britanniques et des Espagnols, selon Gérald Richard, de l’étude Claude Aguttes.

« Beaucoup d’achats sont le fait de nostalgiques de La Mamounia ainsi que de gens qui habitent Marrakech et veulent se meubler » avec des pièces originales, a-t-il précisé.

Vers 22h00 jeudi, les ventes de cette première journée étaient closes et avaient déjà rapporté la somme de 800. 000 euros (honoraires de l’étude inclus). « La Mamounia fait rêver et nous avons vendu du rêve », commentait sobrement Claude Aguttes en rangeant son marteau.

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