Politique

La presse algérienne « sous le choc » après l’assassinat d’Hervé Gourdel

Les journaux algériens se disaient « sous le choc » jeudi après « l’odieux » assassinat d’Hervé Gourdel, otage français enlevé en Algérie par un groupuscule jihadiste lié à l’organisation Etat islamique (EI).

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Mis à jour le 25 septembre 2014 à 08:56

La presse algérienne « sous le choc » après l’assassinat d’Hervé Gourdel © AFP

« Les Algériens sous le choc », titre ainsi en Une le quotidien francophone El Watan avec une image du guide français prise lors d’une escalade.

« Le choc psychologique est immense, l’impact médiatique l’est tout autant », souligne l’éditorialiste d’El Watan.

El Moudjahid, quotidien gouvernemental, écrit que l’assassinat d’Hervé Gourdel « a horrifié et choqué les Algériens. Du plus humble des Algériens au plus haut sommet de l’Etat, ce crime a complétement bouleversé les Algériens ».

Le quotidien francophone Liberté titre en Une « Odieux! » avec la même photo du guide lors d’une escalade. Sous le titre « Lâche », l’éditorialiste de ce journal souligne que « l’exécution du touriste français (. . . ) est un acte odieux qui nous renvoie à une décennie qu’on a du mal à oublier et dont les plaies peinent à se cicatriser ».

Il fait référence à la guerre civile qui a opposé dans les années 90 l’armée à des groupes islamistes extrémistes, faisant 200. 000 morts en Algérie.

Les principaux quotidiens arabophones ont illustré l’information avec une photo tirée de la vidéo diffusée par le groupuscule Jund al-Khilafa, quand l’otage était agenouillé, les mains derrière le dos, entouré de quatre hommes armés.

« Jund al-Khilafa signe de manière sanglante son acte de naissance », titre El Khabar.

« Exécution à la mode Daesh » (acronyme arabe de l’EI), affirme Echourouk.

Le chroniqueur politique de la radio publique chaîne III, qui est également son directeur, Chadly Boufaroua a commencé sa chronique de jeudi avec: « Aujourd’hui nous sommes tous Hervé Gourdel ». « Le peuple algérien a vaincu le terrorisme et il ne peut en être autrement aujourd’hui », a-t-il assuré.

Le randonneur français avait été enlevé dimanche au lieu-dit Tizi N’kouilal, un carrefour routier au c?ur du parc national du Djurdjura, un haut lieu du tourisme, devenu sanctuaire des groupes armés islamistes dans les années 90.

Il a été décapité par Jund al-Khilafa en représailles à l’engagement de la France dans la campagne aérienne américaine contre l’EI en Irak.

Les recherches se poursuivaient jeudi pour retrouver son corps et arrêter ses ravisseurs.