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RDC: des bonobos réintroduits pour la première fois dans la forêt primaire

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Mis à jour le 16 juin 2009 à 12:31

Neuf bonobos, des singes spécifiques à la République démocratique du Congo (RDC), ont été pour la première fois réintroduits dimanche dans une forêt primaire du nord-ouest du pays, a-t-on appris mardi auprès de l’association des Amis des Bonobos du Congo (ABC).

Les neuf primates nains -5 mâles et 4 femelles- ont été transportés par avion depuis une ferme protégée proche de Kinshasa puis relâchés près de Basankusu (province de l’Equateur), dans une forêt marécageuse de près de 20. 000 hectares, un habitat naturel d’où ils auraient disparu depuis une dizaine d’années.

« Le plus âgé a 25 ans et le plus jeune est un bébé de 4 ans et demi qui est avec sa mère », a précisé à l’AFP Claudine André, présidente de l’association qui oeuvre depuis plus quinze ans à la préservation de cette espèce menacée.

« Ca c’est très bien passé. Après l’avion, ils ont été transportés par radeau sur la rivière Lopori jusqu’au lieu du relâché. Ils n’ont pas été stressés », a expliqué Pierrot Mbonzo, l’un des responsables du projet préparé depuis trois ans.

Le groupe sera suivi en permanence par observation directe de douze éco-guides. « Naturellement, ils vont d’abord avoir peur de s’engager la forêt. L’abondance de fruits va aussi les retenir, ce qui les rendra facilement repérables par les éco-guides », a-t-il ajouté.

Ensuite, « le principal risque est de les perdre. Il peuvent aussi être victimes de virus inconnus, ou des pièges de braconniers quand ils descendent des arbres pour trouver de la fraîcheur », selon Mme André.

Huit autres bonobos seront réintroduit fin juin dans ce site dénommé « Ekolo ya Bonobo » (Le terroir des Bonobos en langue lingala).

« La sauvegarde de l’espèce passe par la réintroduction de groupes socialement stables dans un environnement approprié de la forêt primaire », selon l’ABC qui a crée en 1994 la ferme « Lola ya Bonobo » (le Paradis des Bonobos).

Dans cette fôret enclose de 30 hectares, à une trentaine de km de Kinshasa, une soixantaine de bonobos vivent en semi-liberté.

Ce sont majoritairement des orphelins rescapés du trafic de viande de brousse et d’animaux de compagnie, saisis par les autorités, ou remis par leurs propriétaires, leur détention étant illégale.

Identifié en 1929 dans l’ex-Congo belge, le bonobo a été décimé par des années de guerre et de braconnage intensif. Sa population, autrefois dénombrée en 1980 à 100. 000 singes, est aujourd’hui estimée entre 10. 000 et 20. 000.

Se nourrissant essentiellement de végétaux, il se caractérise notamment par son mode de règlement des conflits, consistant en une simulation de l’acte sexuel ou en un accouplement, qui « s’effectue pêle-mêle, quel que soit l’âge ou le sexe », selon l’ABC.