Politique

G8, G14 ou G20, l’Afrique aura du mal à se faire entendre

| Par AFP
G8, G14 ou G20, l'Afrique aura du mal à se faire entendre

G8, G14 ou G20, l'Afrique aura du mal à se faire entendre © AFP

G8, G14, G20? Quelle que soit l’issue du débat sur la gouvernance économique mondiale, les pays africains auront du mal à faire davantage entendre leur voix sur la scène internationale, jugent plusieurs experts interrogés par l’AFP.

Si les jours du G8, club fermé des nations les plus industrialisées, semblent comptés, le G14 qui pourrait lui succéder s’ouvrira aux grands émergents (Chine, Inde. . . ) mais ne devrait accueillir qu’un seul pays du continent noir, l’Afrique du Sud, déjà membre du G20.

« L’Afrique du Sud ne peut représenter à elle seule un continent » où vit un sixième de la population mondiale, commente Tiberius Barasa, de l’Institute of Policy Analysis and Research, à Nairobi. « C’est un pays très différent du reste du continent, par son histoire et sa croissance économique ».

Dans leur ensemble, « les pays africains sont tenus à l’écart du débat (sur la gouvernance mondiale, ndlr) et le resteront tant que leurs économies ne pèseront pas davantage », déplore Stephen Gelb, directeur du Edge Institute, un centre d’études de Johannesbourg.

A l’heure où la crise devrait amputer de moitié la croisance du continent cette année, les pays africains seraient pourtant en mesure de porter une voix plus pertinente, assurent plusieurs experts.

Au G8 comme au G20, « les discussions sur l’Afrique se limitent à la question d’augmenter ou de baisser les aides. Mais la pauvreté n’est qu’une partie de la réalité africaine », souligne Leonard Wantchekon, directeur de l’Institut de recherche empirique en économie politique de Cotonou et enseignant à New York.

Les promesses du G8, réitérées lors de son récent sommet en Italie, d’augmenter de plus de 20 milliards de dollars par an son aide à l’Afrique d’ici 2010 suscitent d’ailleurs un large scepticisme.

« Depuis le sommet de Gleneagles (en 2005, ndlr), les pays riches promettent de soutenir l’Afrique mais n’ont jamais honoré leurs engagements », assure Assefa Admassie, de l’Ethiopian Economic Association.

« Aucun pays ne sera évincé du G8 pour ne pas avoir respecté ses promesses », souligne Stephen Gelb.

Selon ces experts, les débats sur l’aide ont en outre éclipsé la question cruciale de l’accès des produits africains aux marchés européens et américains, même si le G8 a appelé à la conclusion en 2010 du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial. Celui-ci, lancé en 2001, doit en principe profiter avant tout aux pays en développement.

« Il n’y aura pas de sécurité alimentaire sans une réforme du commerce mondial », soutient Philip Osafo-Kwaako, du Center for the Study of the Economies of Africa, à Abuja.

Pour faire entendre davantage les priorités du continent (volatilité des matières premières, changement climatique. . . ), ces experts plaident tous pour une représentation accrue de l’Afrique dans les instances multilatérales.

Selon Leonard Wantchekon, l’Union africaine (UA) devrait ainsi se voir attribuer une place permanente dans les forums mondiaux, à l’image de l’Union européenne, membre à part entière du G20.

Les pays du continent seraient toutefois contraints de trouver une position commune, ce qui est loin d’être gagné.

« Les pays africains sont obnubilés par les préoccupations de court terme. Lors de la crise alimentaire, (en 2007-2008, ndlr) ils étaient présents mais il y a désormais un certain désintérêt » concernant le débat économique mondial, déplore Abdoulaye Diagne, directeur du Consortium pour la recherche économique et sociale, à Dakar.

« Nous ne devons pas simplement blâmer le G8 ou les organisations internationales. Les Africains doivent prendre leur sort en mains », renchérit Assefa Admassie, faisant écho au récent discours du président américain Barack Obama au Ghana appelant les Africains à « assumer » leurs responsabilités.

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