Politique

Mauritanie: arrestation de deux assassins présumés d’un Américain, liés à Al Qaïda

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Mis à jour le 18 juillet 2009 à 18:33

Deux combattants islamistes, auteurs présumés de l’assassinat le 23 juin d’un ressortissant américain dans la capitale mauritanienne, ont été arrêtés et venaient d’un maquis d’Al-Qaïda dans le nord du Mali, ont indiqué samedi les autorités mauritaniennes.

« Les deux personnes arrêtées hier (vendredi) soir sont les meurtriers de l’Américain Christopher Leggett », a déclaré lors d’une conférence de presse le commissaire principal Mohamed Lemine Ould Ahmed, directeur de la Sûreté de l’Etat, dont le service dépend du ministère de l’Intérieur.

« Ils appartiennent à une cellule de quatre personnes qui ont toutes été arrêtées, deux avaient été interpellées le 27 juin. Ils sont venus du maquis d’Al-Qaïda dans le nord du Mali », a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt dans la journée, une source policière avait déjà évoqué cette piste: « fort probablement, il pourrait s’agir des mêmes personnes ayant tué l’Américain ». L’assassinat de l’Américain avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Forte de plusieurs centaines d’hommes, la branche maghrébine d’Al-Qaïda est essentiellement implantée en Algérie mais elle a étendu ses opérations dans le Sahel, depuis deux ans en Mauritanie et depuis quelques semaines dans le nord du Mali.

Selon le directeur de la Sûreté de l’Etat, les salafistes arrêtés vendredi soir avaient été pris « en filature par la police depuis le meurtre » du ressortissant américain, abattu de trois balles dans la tête en plein jour dans le quartier de Ksar à Nouakchott.

Lors de la conférence de presse, il a montré aux journalistes les chargeurs des pistolets ayant, selon lui, servi au meurtre. « Il manque les trois balles tirées contre lui, c’est une preuve supplémentaire que nous avons », a-t-il souligné.

Il a également exhibé la ceinture d’explosifs que portait un des salafistes interpellés vendredi soir, dans ce même quartier de ksar.

« Nous avons négocié longuement avec lui pour le convaincre de ne pas faire usage de cette ceinture » puis les policiers l’ont « neutralisé » en le blessant aux « deux membres supérieurs et à la jambe ».

« Tout le groupe (deux arrêtés le 27 juin + deux interpellés vendredi soir) se trouve entre nos mains, son action n’a rien à voir avec les élections » présidentielles qui se déroulent samedi et qui sont censées mettre un terme à la crise née du coup d’Etat du 6 août 2008, a-t-il assuré.

Le ressortissant américain résidait depuis plusieurs années à Nouakchott où il dirigeait une école.

Un témoin avait alors indiqué que la victime avait « d’abord résisté à une tentative d’enlèvement par des jeunes qui se trouvaient à bord d’une voiture Toyota noire ».

« C’est après avoir échoué à l’embarquer que ces jeunes l’ont tué de trois balles dans la tête tirées à bout portant », avait-il précisé. Les enlèvements d’Occidentaux se multiplient depuis quelques mois dans les pays de la bande sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali et Niger).

Les otages sont libérés après plusieurs mois de captivité, probablement contre versement de rançons, ce que contestent toujours les autorités. Mais début juin, Aqmi avait annoncé avoir exécuté un otage britannique. Il s’agissait du premier otage occidental tué par les salafistes dans le Sahel.

Fin 2007, quatre touristes français avaient été tués après une tentative d’enlèvement à Aleg (250 km à l’est de la capitale). Trois jeunes Mauritaniens proches d’Aqmi sont actuellement détenus et en instance de jugement à Nouakchott dans ce dossier.