Politique

Gabon: « S’il y a eu tricherie, ce n’est pas au niveau des procès-verbaux »

Gabon: "S'il y a eu tricherie, ce n'est pas au niveau des procès-verbaux" © AFP

Un membre de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap) du Gabon, Michel Bouka Rabenkogo, a affirmé mardi à l'AFP qu'il n'avait pas constaté de fraude lors de la confrontation des procès-verbaux des bureaux de vote.

Il n’exclut toutefois pas une fraude à un autre niveau, relevant un taux d’abstention « anormal ».

L’opposition conteste le résultat de l’élection et a demandé lundi le « recomptage des voix ».

Selon les résultats officiels, validés par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, fils du président défunt Omar Bongo, a été élu avec 41,73% des suffrages, devant André Mba Obame (25,88%) et Pierre Mamboundou (25,22%).

« S’il y a eu tricherie, ce n’est pas au niveau de la Cénap, pas au niveau des procès-verbaux de circonscriptions exigés par l’opposition pour confrontation », assure M. Bouka, Commissaire national de la Cénap au titre de la société civile.

Il a soutenu la candidate Yvette Ngwevilo Rekangalt (36O voix, O,11%, Dynamique pour l’alternance politique), issue de la société civile.

Lors de la centralisation des procès-verbaux des bureaux de vote, l’opposition espérait débusquer des divergences entre les résultats officiels et ceux qui avaient été remis à leurs représentants localement.

« Nous avons travaillé dans de mauvaises conditions, mais ça ne veut pas dire que les contentieux (soulevés par) l’opposition n’ont pas été débrouillés, dépouillés. Nous avons confronté les résultats, il étaient identiques. Je dois le dire par souci de vérité », affirme M. Bouka qui avait été candidat à la présidentielle en 2005.

« S’il s’agit de ces travaux-là, tout était en ordre. L’opposition n’a pas apporté un élément opposable. A mon niveau, je n’ai pas constaté une fraude quelconque », ajoute-t-il.

M. Bouka n’exclut toutefois pas la fraude: « Nous avons 800. 000 inscrits (sur les listes électorales). Comment pouvez-vous expliquer qu’avec un tel engouement on se retrouve avec 55% d’absention? C’est impensable. Mais ce n’est pas mon domaine », souligne-t-il.

« Le taux d’abstention est anormal vu l’engouement. Si c’est sur cette base que l’opposition s’appuie, elle a peut être raison mais sur la Cénap, il n’y a pas de document qui justifie la fraude », conclut-il.

Pour M. Bouka, l’opposition a surtout perdu en raison de ses dissensions internes et de l’absence d’un candidat unique.

« On ne peut pas aller à une élection en ordre dispersé. L’opposition ne subit que ce qu’elle a elle-même créé: le déficit d’une dynamique unitaire. Celui qui a perdu a perdu parce qu’il a manqué de stratégie et de cohésion. L’élection 2009 est terminée. Il est temps que nous acceptions nos propres erreurs pour ne plus se faire battre », analyse-t-il.

Dans un interview lundi à RFI, Gabriel Ndzembi, vice-président de la Cénap qui a refusé de signer les résultats, estimait quant à lui que, « au niveau du Haute-Ogooué (fief d’Ali Bongo), quatre ou cinq départements avec un nombre d?électeurs autour de 3. 000 ont voté à 100 %. Personne n’était absent au niveau du département et tous ont voté la même personne, Ali Bongo (. . . ), je n’ai jamais vu ça depuis que je suis à la Cénap ».

Le vice-président soulignait aussi: « Les chiffres au niveau des inscrits s?établissaient à 813. 667 électeurs et lors de la centralisation et il n?y avait que 807. 000 environ électeurs. Il y avait un différentiel de 6. 000 électeurs (. . . ). Où sont passés ces 6. 000 électeurs? ».

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