Banque commerciale

Attijariwafa Bank lève 130 millions d’euros et lorgne de plus en plus l’Afrique de l’Est

| Par - à Casablanca
Mis à jour le 12 juin 2020 à 14h22
Sieèe d'attijariwafabank, à Casablanca.

Sieèe d'attijariwafabank, à Casablanca. © Attijariwafa Bank.

Avec les 136 millions d’euros qu’elle compte lever sur le marché obligataire marocain, la filiale d’Al Mada anticipe les changements de règles prudentielles… et intensifie sa quête de relais à l’est du continent.

Attijariwafa Bank vient d’obtenir de la part de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) l’autorisation  de lever 1,5 milliard de dirhams (136 millions d’euros) sur le marché obligataire.

Un objectif que la banque compte réaliser avant la fin du mois de juin, en deux opérations : un emprunt obligataire subordonné perpétuel avec mécanisme d’absorption de pertes et d’annulation de paiement des coupons, pour un montant d’un milliard de dirhams, et un emprunt obligataire subordonné « simple », pour un montant de 500 millions de dirhams, avec une maturité de sept ans.

Par cette entrée de liquidités, la filiale du holding royal Al Mada la banque renforce son ratio de solvabilité, anticipant le renforcement des règles prudentielles dans les pays où elle est présente.

Pour rappel, le basculement entre 2016 et 2017 de Bâle II vers Bâle III (règles prudentielles) dans la région de l’UEMOA avait coûté en 2018 plusieurs points de croissance à sa consœur BMCE Bank Of Africa. Un scénario qu’Attijariwafa Bank veut éviter.

Mais la somme devrait aussi permettre à la banque présidée par Mohamed El Kettani de poursuivre son développement africain, après avoir eu le temps de consolider et d’intégrer les établissements bancaires absorbés ces dernières années.

Des obligations particulières

Actuellement présent dans 25 pays, dont 14 en Afrique (Maroc compris), le groupe pense notamment à l’Afrique de l’Est et à son fort potentiel économique, démographique et bancaire. Le Rwanda – où la tentative de 2016 de prise de contrôle de la Cogebanque au Rwanda n’a pas abouti -, mais aussi le Kenya, et l’Éthiopie seraient selon nos informations parmi les cibles prioritaires du groupe, qui regarde aussi vers l’Asie.

Le type d’émission choisi par Attijariwafa Bank pour cette double sortie sur le marché des capitaux diffère des obligations classiques, représentant plus de risques pour les investisseurs. Les obligations assorties d’un mécanisme d’absorption de pertes et d’annulation de paiement des coupons, en particulier, ne sont pas assurées, et leurs intérêts peuvent ne pas être versés si la banque réalise des pertes, afin de garder ses ratios prudentiels intacts. Selon les analystes, cet instrument – utilisé régulièrement par Attijariwafa Bank depuis 2014 – vise avant tout les actionnaires actuels de la banques et les investisseurs institutionnels qui la soutiennent, à l’image de la CIMR ou de la Mamda.

Quant à l »emprunt obligataire subordonné, il promet des rendements supérieurs à ceux des obligations ordinaires, mais leurs détenteurs s’exposent à n’être remboursés qu’après toutes les autres créances cumulées en cas de faillite du souscripteur. Un « scénario inimaginable » pour la première banque marocaine, assurent les analystes que nous avons interrogés.

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