Justice

Cameroun : les « exilés » de l’opération Épervier 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
L'ancien Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni, le 29 août 2012.

L'ancien Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni, le 29 août 2012. © Jean Pierre Kepseu/Panapress/maxppp

Ces anciens dignitaires ont été lourdement condamnés. Certains ont été autorisés à quitter le pays tandis que d’autres, jugés en leur absence, n’ont jamais été recherchés…

Selon nos informations, l’ancien Premier ministre Ephraïm Inoni, 72 ans, vit ainsi en toute liberté dans le 16e arrondissement de Paris. « Chief » Inoni y est logé dans un petit appartement meublé par le gouvernement camerounais, qu’il a dirigé de 2004 à 2009. S’il semble mieux se porter, un retour au Cameroun – et en prison – n’est pas envisagé.

Tout porte en effet à croire que cet ex-dignitaire va prolonger son séjour en France. Il avait été gravement brûlé le 22 juillet 2019 par des codétenus qui s’étaient mutinés à la prison centrale de Kondengui, où il purgeait une peine de vingt ans d’emprisonnement pour détournement de deniers publics. Laissé pour mort, Ephraïm Inoni avait d’abord été soigné à l’hôpital central de Yaoundé avant que Paul Biya autorise, en octobre 2019, son évacuation en France.

Arrêté en avril 2012 et accusé de « malversations financières » à hauteur de 1,7 milliard de F CFA (2,6 millions d’euros) dans le cadre d’une transaction pour le compte de l’ex-compagnie Cameroon Airlines (Camair), il avait été condamné au début de septembre 2013.

Lazare Essimi en Virginie

De son côté, l’ex-ministre des Finances Lazare Essimi Menye (2007-2011) coule une retraite paisible aux États-Unis, dans sa maison de Springfield, en Virginie. Toujours selon nos informations, aucune notice Interpol n’a été émise par les autorités camerounaises à son encontre. Et pourtant, le quatrième procès intenté par l’État du Cameroun contre lui a abouti en mars à une quatrième condamnation à une peine de prison à vie, à la suite d’un détournement de 9,1 milliards de F CFA.

Lorsqu’il avait été déchargé de ses fonctions de ministre de l’Agriculture, alors que le Tribunal criminel spécial accélérait l’enquête ouverte sur les affaires le concernant, Essimi était déjà sous surveillance policière. Malade et hospitalisé sous bonne garde à Yaoundé, il avait néanmoins été autorisé à quitter le pays le 1er décembre 2015 pour regagner les États-Unis, où sa famille vivait depuis l’époque où ce statisticien travaillait au Fonds monétaire international (FMI). Depuis lors, les procédures le concernant se sont succédé, se concluant invariablement par une lourde condamnation à son encontre.

Yves-Michel Fotso toujours à Casablanca

Yves Michel Fotso, au Tribunal criminel spécial de Yaoundé, Cameroun le 4 mars 2015.

Yves Michel Fotso, au Tribunal criminel spécial de Yaoundé, Cameroun le 4 mars 2015. © Abel Aimé Menoba pour Ja

Enfin, Yves-Michel Fotso, l’ancien administrateur-directeur général de la Cameroon Airlines, poursuit son séjour médical dans un hôpital de Casablanca, au Maroc. Si son état de santé le permet, il souhaite prendre part aux obsèques de son père, Victor Fotso, décédé le 20 mars dernier à Neuilly-sur-Seine, dans le nord-ouest de Paris. Mais ses proches craignent qu’il ne retourne en prison s’il venait à fouler le sol camerounais. Incarcéré à la prison annexe du Secrétariat d’État à la défense (SED) sous le coup, entre autres, de deux condamnations à perpétuité, il avait été évacué dans la nuit du 18 au 19 août 2019.

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