Transport aérien

Antananarivo en quête d’un remède miracle pour Air Madagascar

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Un Boeing 737-300 d'Air Madagascar, à l'aéroport de Tuléar.

Un Boeing 737-300 d'Air Madagascar, à l'aéroport de Tuléar. © Günter Lenz/Getty Images

Le réunionnais Air Austral doit quitter sous peu le capital de la compagnie malgache, laissant l’État en reprendre complètement les rênes.

Pas de vol avant le 30 juin. C’est jusqu’à cette date que restent suspendues les liaisons régionales et internationales d’Air Madagascar. En attendant, un de ses ATR a été aménagé en configuration cargo, ces dernières semaines, tandis que sa filiale domestique Tsaradia a opéré plusieurs vols de rapatriement des provinces malgaches vers la capitale, notamment pour les 850 employés des mines d’Ambatovy (dans l’est du pays). Air Madagascar a également réalisé le rapatriement d’expatriés français vers la Réunion.

Selon nos informations, la sortie d’Air Austral du capital de la compagnie malgache devrait intervenir de manière imminente. L’État sera donc de retour aux pleines commandes de son pavillon national au moment de la réouverture du ciel.

Annoncé très prometteur, le mariage n’aura été qu’une longue série de déconvenues entre les deux partenaires

Détenteur de 44% du capital depuis trois ans, le partenaire stratégique réunionnais, qui disposait d’un droit de veto sur les nominations et les décisions, négociait depuis le début de l’année le rachat de sa participation (et celle du groupe industriel Rajabali) par la Caisse nationale de protection sociale malgache (Cnaps), comme le détaillait Jeune Afrique en février.

Promesses non tenues

Alors qu’il s’annonçait très prometteur au départ, le mariage n’aura été qu’une longue série de déconvenues entre les deux partenaires, Air Austral reprochant aux autorités malgaches de ne pas avoir – ou alors très tardivement – apuré les passifs identifiés (autour de 90 millions de dollars) et non identifiés (7 millions de dollars) de la compagnie, mais aussi de ne pas avoir investi les sommes promises et, enfin, de ne pas avoir pas respecté la clause de non-concurrence dans le ciel malgache. Avec l’octroi de droits de trafic supplémentaires, Ethiopian Airlines était devenu un concurrent offensif et compétitif sur l’axe Paris-Tana, le plus profitable pour Air Madagascar.

Pour reprendre du service, la compagnie devra d’abord régler plusieurs problèmes. Le premier est d’ordre technique, puisque ses deux gros porteurs Airbus A340 sont cloués au sol. Le premier, qui se trouve à l’aéroport industriel spécialisé de Châteauroux, dans le centre de la France, aurait dû être loué et aménagé en cargo par l’affréteur islandais Air Atlanta Icelandik.

« Cannibalisé » pour fournir des pièces au premier appareil, le second se trouve parqué à Antananarivo et n’est pas en mesure de revoler. Administratrice depuis octobre de la compagnie, Rinah Rakotomanga, par ailleurs directrice de communication de la présidence malgache, a pris langue au premier trimestre avec Boeing. Selon une source en interne, l’acquisition de deux Boeing 787-9, pour lesquels une compagnie asiatique s’était désistée, était étudiée. La compagnie regardait également auparavant la possibilité d’intégrer trois Airbus A220.

Besoin de fonds

La nouvelle administratrice avait rencontré à la fin de 2019 Patrick Halluin, vice-président de la flotte chez Air France, pour tenter de trouver une solution à l’amiable au conflit qui oppose les deux transporteurs, à propos du contrat de location-vente des deux Airbus A340. Air Madagascar a été condamné en octobre 2019 par le tribunal de commerce de Paris à régler 21 millions d’euros à la compagnie française. Il attend toujours le résultat de son appel contre la décision « exécutoire » de la juridiction française, le forçant à payer tout de suite une condamnation pour laquelle il ne dispose pas des fonds suffisants.

Des moyens, il en faudra donc au pavillon malgache pour retrouver les airs, et répondre à l’objectif fixé par le président Rajoelina d’attirer 500 000 touristes sur la Grande-île à l’horizon 2023.

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