Politique

Côte d’Ivoire : nouvelle fracture entre Affi N’Guessan et les pro-Gbagbo au sein du FPI

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Pascal Affi N'Guessan et Laurent Gbagbo.

Pascal Affi N'Guessan et Laurent Gbagbo. © Photomontage / photos : JA et SIPA / AP

Reprochant aux pro-Gbagbo leur rapprochement avec le PDCI de Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan et ses proches ont décidé de suspendre leur participation aux discussions pour la réunification du Front populaire ivoirien.

Malgré les gestes ou déclarations de bonnes intentions, nul ne l’ignorait : le processus de réunification au sein du Front populaire ivoirien (FPI) reste plombé par la défiance persistante entre des « camarades » brouillés depuis des années. Le 8 juin, les tensions entre la faction de Pascal Affi N’Guessan et celle fidèle à Laurent Gbagbo ont, à nouveau, éclaté au grand jour.

Dans un communiqué, la première a annoncé qu’elle suspendait sa participation aux travaux sur l’unité du parti. Un coup d’arrêt à des discussions qui, entamées en janvier et freinées par l’épidémie de Coronavirus, n’avaient jusque-là abouti à aucune mesure probante.

La cause de la colère du camp Affi N’Guessan ? L’accord passé quelques jours plus tôt par les pro-Gbagbo avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Henri Konan Bédié, dans lequel ils appellent leurs militants respectifs à collaborer pour préparer la présidentielle, et ses conséquences pour le FPI en cours de réunification.

« Le Front populaire ivoirien tient à préciser qu’il n’est pas opposé au principe des alliances et autres démarches tactiques. Toutefois, il ne saurait entériner des engagements dont il n’est pas partie prenante et dont il ignore la finalité et les motivations », peut-on lire dans le communiqué signé par Issiaka Sangaré, secrétaire général et porte-parole du FPI dirigé par Pascal Affi N’Guessan.

Réunion sous tension

La veille s’était tenue à Abidjan une réunion devant marquer la reprise des tractations entre les deux ailes du FPI, conduites respectivement par Pascal Affi N’Guessan et Assoa Adou. Durant cette rencontre, l’ex-Premier ministre a demandé au secrétaire général du « FPI de Gbagbo » des comptes sur son rapprochement en cours avec le PDCI. Il a en outre demandé que les activités prévues par les pro-Gbagbo avec le PDCI soient suspendues pour une durée de deux semaines, afin de « mettre à profit ce temps pour finaliser le processus d’unification du parti ».

Assoa Adou a rétorqué que le rapprochement en cours avec le PDCI ne faisait pas obstacles aux discussions internes au FPI, que celui-ci résultait de la volonté de Laurent Gbagbo et qu’il ne pouvait donc pas donné suite à une telle requête.

Après cette réunion houleuse, Pascal Affi N’Guessan a tenté de joindre l’ancien chef de l’État à Bruxelles. Il attend toujours sa réponse. S’il indique à Jeune Afrique être « serein » et « sans animosité ni rancune », il estime aussi qu’il faut être « réaliste ».

Il faudra que chacun donne clairement sa position d’ici la fin juin

« Depuis six ans, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour tenter de réunir ma famille politique, assure-t-il. Mais être de bonne foi ne suffit pas, il faut aussi savoir évaluer la sincérité des gens avec lesquels on discute. Or nous ne sentons pas de réelle volonté de leur part de réaliser l’unité de notre parti. Nous leur avons fait de nombreuses propositions, nous n’avons jamais eu aucun retour. »

Pour Affi N’Guessan, qui a toujours affirmé qu’il serait candidat à la présidentielle si Laurent Gbagbo ne l’est pas, le temps est compté. Selon lui, « il faudra que chacun donne clairement sa position d’ici la fin juin ».

Du côté des pro-Gbagbo, silence radio, le temps de déterminer la réponse à apporter à celui que beaucoup d’entre eux considèrent toujours comme un traître. « Nous n’avons aucun commentaire à faire. Nous prenons acte de sa décision de suspension unilatérale de nos discussions », indique sobrement Franck Anderson Kouassi, porte-parole du FPI de Gbagbo.  

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