Politique

Présidentielle en Côte d’Ivoire : le PDCI resserre les rangs autour de Bédié

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 11 juin 2020 à 13h07
Henri Konan Bédié, lors de la réunion du Bureau politique du PDCI, le 5 juin 2020 au siège du parti, à Cocody.

Henri Konan Bédié, lors de la réunion du Bureau politique du PDCI, le 5 juin 2020 au siège du parti, à Cocody. © Abdijan.net

C’est un Bureau politique décisif que vient d’organiser le PDCI. En fixant les critères d’éligibilité à l’investiture à la présidentielle d’octobre prochain, le parti de Henri Konan Bédié resserre les rangs autour de son dirigeant historique. Et reporte de fait l’implication de la « nouvelle génération ».

S’il est un homme que les quelques 400 membres du Bureau politique et du Comité des sages du PDCI attendaient avec autant d’impatience que de craintes, c’était Jean-Louis Billon. L’ex-ministre du Commerce, secrétaire exécutif du PDCI chargé de la Communication, de l’Information et de la Propagande du parti d’Henri Konan Bédié avait en effet tenu un discours ambigu, quelques jours avant la rencontre, à Grand-Bassam, sur sa détermination « à faire gagner le PDCI », ajoutant : « Il faut une nouvelle génération ».

En définitive, dans une déclaration soigneusement préparée, il a fait allégeance à Bédié et a pris une option sur l’avenir. « Je suis le premier sur la liste des candidats, mais la nouvelle génération que nous constituons, accompagnera sans réserve le président Henri Konan Bédié, s’il décidait de se porter candidat », a-t-il déclaré vendredi, après un long exposé, devant une salle totalement acquise à la cause du dirigeant du PDCI, qui a soufflé ses 86 bougies le 5 mai.

Critères en débat

Bien que n’étant pas dans la salle, le banquier Tidjane Thiam, 58 ans le 29 juillet prochain, aurait sans doute eu la même position. Annoncé à Abidjan, dans les jours ou semaines à venir, Thiam, qui a été jeune ministre de Bédié lors du passage de ce dernier à la tête du pays (1993-1999), a déjà prévu de rencontrer son ancien patron en vue de définir une stratégie commune avec celui-ci. Il n’envisage pas, pour l’heure, de se lancer dans la bataille de la présidentielle d’octobre 2020 sans l’aval du PDCI, en dépit d’une forte demande émanant de ses partisans.

Si les deux personnalités de la « nouvelle génération » en pole position semblent être rentrées dans le rang, tel n’est pas forcément le cas pour d’autres jeunes loups. La députée Yasmina Ouégnin, 41 ans, qui avait été d’abord suspendue du Bureau politique avant d’être réintégrée par Bédié, a ainsi émis des réserves relatives, entre autres, aux critères d’éligibilité à l’investiture du parti.

Grand enjeu des deux jours de rencontre, les critères pour être le candidat du parti ont fait l’objet de vifs débats. Au cœur des échanges, une disposition prévoyant que, pour être éligible à l’investiture PDCI, il fallait auparavant justifier de dix années au sein du Bureau politique.

Problème : ni Billon, ni le député Patrice Kouassi Kouamé – dit KKP – (qui avait annoncé son intention d’aller à des primaires), ni Ouégnin, tous de la « nouvelle génération » et potentiels candidats à l’investiture du parti ne remplissent cette condition.

Vote secret

Pour les pourfendeurs de Bédié, celle-ci a été introduite en vue d’éliminer certaines candidatures. « Faux ! », rétorque vivement Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du PDCI et fidèle de Bédié. « Ce sont des règles qui ont été édictées depuis sept ans, au congrès de 2013. Un parti politique a des règles », insiste-t-il.  Face aux contestations, ce critère avait été soumis au vote secret. Surprise : le oui au maintien de celui-ci l’a largement emporté, avec 354 voix sur 372 suffrages exprimés.

Sauf cataclysme, Bédié devrait donc être le candidat unique du PDCI à l’investiture de son parti. Tout au plus, il pourrait être face à un figurant, les samedi 25 et dimanche 26 juillet 2020. Une éventualité qui agace quelque peu au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel), alors que le président Alassane Ouattara a décidé de ne pas se représenter et a passé le flambeau à son Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

« À son âge, il devrait être encouragé à faire entendre la voix de la sagesse, de la retenue et de la renonciation », dénonce l’écrivain Emmanuel Yao N’Goran, dissident du PDCI, comme de nombreux cadres et ministres qui ont quitté le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny.

« Contribution »

Qu’à cela ne tienne, le PDCI semble déterminé à resserrer davantage les rangs autour de son chef. D’ores et déjà, un comité dit « des candidatures », constitué de onze membres et présidé par le général à la retraite Gaston Ouassénan Koné, 81 ans, a été créé par Bédié, pour étudier les dossiers de candidature.

Outre les conditions figurant dans le code électoral – être « exclusivement ivoirien », avoir au moins 35 ans, ou encore  jouir de ses droits civils et politiques -, le candidat PDCI doit aussi  « être à jour des cotisations des cinq dernières années », et s’acquitter en outre d’une « contribution de vingt-cinq millions de francs CFA (38 000 euros), servant à l’organisation de la convention ». Cette contribution est non remboursable.

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