Politique

Gabon : les Myboto peuvent-ils encore rêver de l’après-Bongo ?

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Mis à jour le 22 juin 2020 à 12:16

Zacharie Myboto à son domicile, à Libreville, le 15 juin 2017. © DR

Figure emblématique de l’opposition, Zacharie Myboto devrait quitter la présidence de l’Union nationale cette année. Il a transmis le virus de la politique à sa fille, mais celle-ci parviendra-t-elle à maintenir l’influence de la famille et à obtenir l’alternance ?

« L’oubli des ennemis et l’oubli des malheurs ». Ainsi Voltaire définissait en 1764 une « retraite heureuse ». Nul ne dit pourtant que Zacharie Myboto, 82 ans, ait fait sienne l’ambition du philosophe français. La politique, en particulier au Gabon, est une scène que l’on ne quitte jamais réellement. On la vit jusqu’au bout, telle une sinécure, en conseillant ses héritiers depuis le calme feutré d’un salon climatisé. Et Zacharie Myboto, ancien ministre et patron du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) devenu opposant, a eu le temps de penser à ce qui lui reste de chemin à parcourir.

Candidat en 2005 et en 2009 à la magistrature suprême, le président de l’Union nationale (UN) sait qu’il ne briguera plus le fauteuil présidentiel. Il a échoué deux fois, face à Omar Bongo Ondimba, puis face à Ali, et a ardemment œuvré en 2016 au rassemblement de l’opposition autour de Jean Ping. Si ce dernier a finalement endossé le costume du candidat unique, coiffant au poteau Alexandre Barro-Chambrier, Guy Nzouba-Ndama ou Casimir Oyé Mba, pourtant candidat de l’UN, c’est en grande partie grâce à « Zach », comme le surnomment certains de ses proches.

L’adieu à « Zach »

Zacharie Myboto avait alors 78 ans, et déjà des voix s’élevaient, quoique discrètes, pour réclamer un renouvellement des instances du parti. Orphelins d’André Mba Obame, cofondateur de l’UN décédé en avril 2015, à Yaoundé, plusieurs cadres prônaient un rajeunissement ou, à tout le moins, un passage de témoin.