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Cet article est issu du dossier «Corruption et dopage dans l'athlétisme : l'affaire Lamine Diack en procès»

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Justice

Corruption dans l’athlétisme : Lamine Diack devant ses juges à Paris

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 08 juin 2020 à 11h21
Lamine Diack arrive au palais de justice de Paris, accompagné de son avocat Me William Bourdon, lundi 8 juin 2020.

Lamine Diack arrive au palais de justice de Paris, accompagné de son avocat Me William Bourdon, lundi 8 juin 2020. © Thibault Camus/AP/SIPA

L’ancien patron mondial de l’athlétisme, le Sénégalais Lamine Diack, est arrivé lundi au tribunal de Paris pour être jugé avec son fils et quatre acteurs présumés d’un pacte de corruption pour protéger des athlètes russes dopés.

Après un faux départ, en janvier, à cause de problèmes de procédure, le Sénégalais de 87 ans encourt jusqu’à dix ans de prison devant la 32e chambre correctionnelle, où il comparaît pour corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée.

L’affaire, qui avait éclaté en novembre 2015 avec l’arrestation du Sénégalais en région parisienne, a généré d’autres dossiers sulfureux qui ont terni l’image du sport : depuis 2016, la Russie a été sanctionnée pour dopage institutionnel à grande échelle, et la justice française est désormais aussi saisie de soupçons de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020.

Depuis son arrestation à Paris en novembre 2015, la pile des dossiers sombres du sport international a grossi: la Russie a été accusée de « dopage institutionnel » et Lamine Diack est aussi poursuivi pour corruption à Paris, soupçonné d’avoir monnayé son influence dans l’attribution des JO de Rio-2016 et Tokyo-2020. Accusations qu’il réfute.

Des absents à la barre

À son procès, il est attendu avec l’un de ses anciens conseillers, l’avocat Habib Cissé, et l’ancien responsable du service antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, jugés pour corruption passive.

Si Lamine Diack a interdiction de quitter le pays, la justice française n’a jamais pu approcher l’un des suspects clé, son fils Papa Massata Diack, ancien conseiller marketing de l’IAAF qui demande depuis Dakar le renvoi du procès.

Deux autres prévenus devraient manquer à l’appel, l’ancien président de la Fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l’ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov.

L’affaire démarre au début des années 2010, avec l’arrivée dans l’arsenal antidopage du passeport biologique, qui permet de déceler des variations sanguines suspectes. L’étau se resserre sur la Russie et en novembre 2011, une liste de 23 athlètes suspects de dopage à l’EPO est établie.

De Moscou à Dakar

Au même moment, Lamine Diack, son fils et Habib Cissé se rendent à Moscou. Les dossiers disciplinaires, eux, traînent en longueur, permettant à plusieurs athlètes de participer aux JO de Londres-2012. Certains y seront sacrés (Kirdyapkin 50 km marche, Zaripova 3.000 m steeple), avant d’être sanctionnés et déchus.

Lamine Diack a reconnu que les sanctions avaient été échelonnées pour éviter de plomber l’image de la Russie et favoriser les négociations sur les droits télé et les sponsors en vue des Mondiaux-2013 à Moscou.

Alors qu’il avait des contacts avec le Kremlin, il a aussi reconnu avoir obtenu 1,5 million d’euros de la Russie pour faire campagne à la présidentielle sénégalaise de 2012 contre le sortant Abdoulaye Wade, finalement battu par Macky Sall. Les juges français ont déploré le manque de coopération du Sénégal et relèvent dans leur ordonnance que Papa Massata Diack a bénéficié d’un passeport diplomatique en 2014.

Mais pour les avocats de Lamine Diack, les athlètes russes ont finalement été sanctionnés (la plupart en 2014) et leur client voulait sauver l’IAAF de la banqueroute.

Lamine Diack est aussi jugé pour avoir permis à son fils de s’approprier plusieurs millions d’euros dans les négociations avec les sponsors, soit en imposant ses sociétés comme intermédiaires, soit en s’attribuant des commissions « exorbitantes ». La fédération internationale, partie civile, réclame 24,6 millions d’euros de dommages et intérêts aux prévenus sur ce volet, sur un préjudice total qu’elle estime à 41 millions d’euros.

 

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