Diplomatie

L’affaire Brice Laccruche Alihanga peut-elle détériorer les relations entre la France et le Gabon ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet d'Ali Bongo Ondimba

Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet d'Ali Bongo Ondimba © DR

Le sort de Brice Laccruche Alihanga, l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, ne laisse pas Paris indifférent. Ce Franco-Gabonais, détenu depuis décembre 2019, est surveillé de près par le Quai d’Orsay et l’Élysée.

Au sein du ministère des Affaires étrangères français, un service suit en particulier la situation de Brice Laccruche Alihanga (BLA) : la Mission de la protection des droits des personnes, branche de la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, dirigée par la diplomate Corinne Pereira da Silva depuis septembre 2019.

C’est cette Mission qui a répondu, le 19 mai, par courrier, au père biologique de l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Norbert Fargeon. Ce dernier – qui n’a eu, selon nos informations, aucun contact avec son fils depuis l’incarcération de ce dernier – avait lui-même écrit auparavant un courrier à destination de la primature, dans lequel il s’inquiétait du sort réservé à BLA à la prison de Libreville.

Les inquiétudes de Norbert Fargeon, qui réside aujourd’hui à Marseille, ont ensuite été transmises de Matignon au Quai d’Orsay. Dans son courrier du 19 mai, ce dernier affirme que son « consulat général à Libreville a tout mis en œuvre afin que [Brice Laccruche Alihanga] puisse bénéficier de la protection consulaire prévue par la convention de Vienne du 24 avril 1963 ».

Pas de visites depuis mi-mars

« La consule générale a pu lui rendre plusieurs visites, y compris lors de sa garde à vue, puis à la prison centrale de Libreville après son placement en détention provisoire », poursuit le document. Toutefois, ajoute le ministère, « afin de limiter la propagation du Covid-19 au sein des établissements pénitentiaires, les autorités gabonaises ont interdit les visites consulaires depuis mi-mars. »

Selon les informations déjà relayées par Jeune Afrique, BLA est en effet privé de visites depuis le 16 mars. Ayant tenté de mettre fin à ses jours le 21 mai dernier, il n’a pu recevoir, sur autorisation exceptionnelle de la ministre de la Justice, Erlyne Antonela Ndembet, que deux visites de son avocat, Anges Kevin Nzigou, le 27 mai et le 5 juin.

La consule de France à Libreville, Marguerite Francy Degardin, qui s’est rendue à la prison centrale peu après la tentative de suicide du prisonnier, n’a en revanche pas pu le voir. Elle « continue toutefois de suivre avec la plus grande attention l’évolution de la situation de [BLA], en lien avec ses proches et ses avocats », précise le ministère des Affaires étrangères.

Dans le viseur de l’Élysée

Ce dernier reste prudent et affirme que, « s’agissant de la procédure judiciaire, le respect de l’indépendance de la justice (…) et le respect de la souveraineté des États interdisent toute ingérence [des] postes consulaires ».

La situation de BLA – ainsi que celle de son frère Grégory Laccruche Alihanga et des Franco-Gabonais incarcérés dans le cadre de l’opération, notamment Ike Ngouoni Aïla Oyouomi – est susceptible de détériorer les relations entre Paris et Libreville.

Quant à la cellule Afrique de l’Élysée, elle garde un œil sur l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba. Lorsqu’il était en poste, Brice Laccruche Alihanga s’était entretenu avec le conseiller d’Emmanuel Macron, Franck Parisà Paris le 8 septembre 2019, moins de deux mois avant l’arrestation du Franco-Gabonais.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte