Elections

Burundi : Évariste Ndayishimiye proclamé président par la Cour constitutionnelle

| Par Jeune Afrique avec AFP
Evariste Ndayishimiye, ici lors d'un meeting, a été déclaré vainqueur de la présidentielle au Burundi par la Ceni, le 25 mai 2020.

Evariste Ndayishimiye, ici lors d'un meeting, a été déclaré vainqueur de la présidentielle au Burundi par la Ceni, le 25 mai 2020. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Selon la Cour constitutionnelle, les recours d’Agathon Rwasa, candidat du principal parti d’opposition, sont « nuls et de nul effet ».

La Cour constitutionnelle du Burundi a publié le 4 juin les résultats officiels de l’élection du 20 mai à Bujumbura. Le général-major Évariste Ndayishimiye, candidat du parti au pouvoir et dauphin de Pierre Nkurunziza, a été proclamé président de la République élu.

Les recours du chef du Conseil national pour la liberté (CNL), Agathon Rwasa, contre les résultats du triple scrutin, sont « nuls et de nul effet », a annoncé la Cour. Celle-ci a ensuite validé les résultats définitifs, donnant le candidat du parti au pouvoir (CNDD-FDD), le général Évariste Ndayishimiye, vainqueur de la présidentielle avec 68 % des voix, contre 22,42 % pour Agathon Rwasa.

La Cour constitutionnelle a estimé que le CNL, qui contestait les résultats provisoires donnés par la Commission électorale, n’avait pas apporté de preuves suffisantes à l’appui de son argumentation.

« Nombreuses irrégularités »

Le principal parti d’opposition présidé par Agathon Rwasa avait rejeté les premiers résultats qu’il qualifiait de « fantaisistes », tandis que plusieurs irrégularités avaient été soulignées par l’église catholique.

« On ne s’attendait pas à un miracle, malgré les preuves de fraudes massives et de nombreuses irrégularités que nous avons présentées à la Cour et malgré le rapport de l’Église catholique. On n’est pas surpris, car la justice n’est pas indépendante au Burundi », a déclaré à l’AFP le secrétaire général du CNL, Simon Bizimungu.

Le parti d’Agathon Rwasa avait dénoncé une « mascarade électorale », dressant la longue liste des irrégularités commises selon lui par le pouvoir, qui aurait fait pression sur les assesseurs de l’opposition et les électeurs et multiplié les fraudes.

La secrétaire nationale en charge de la Communication du CNDD-FDD, Nancy Ninette Mutoni, s’est pour sa part félicitée sur Twitter du taux de participation de 87,71 %, y voyant « un jour historique pour la démocratie au Burundi ».

Après la proclamation définitive des résultats des législatives, le CNDD-FDD obtient 86 sièges à l’Assemblée nationale, contre 32 au CNL.

Climat tendu

Craignant des incidents, même si les élections ont été relativement pacifiques, le pouvoir avait déployé ce jeudi des policiers en tenue anti-émeute et lourdement armés à plusieurs carrefours de Bujumbura.

Après l’élection, le CNL avait dénoncé une véritable « chasse à l’homme » dans tout le pays à l’égard de ses sympathisants. Selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP, les Imbonerakure, les membres de la ligue de jeunesse du CNDD-FDD, l’un des bras armés du régime, s’en sont pris en plusieurs endroits du pays aux gens soupçonnés d’avoir voté pour le CNL.

Si certaines de ces exactions ont continué ces derniers jours, le CNL reconnaît qu’elles ont baissé légèrement d’intensité après la saisie le 29 mai de la Cour constitutionnelle.

Évariste Ndayishimiye, 52 ans, sera investi en août pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Il succédera à Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, qui avait annoncé il y a quelques mois ne pas se représenter, après un dernier mandat très controversé . Ce dernier ne s’efface pour autant pas pour autant de la scène politique burundaise. Il s’est en effet crée une fonction sur mesure de « guide suprême du patriotisme ».

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