Politique

Cameroun : les obsèques impossibles de Victor Fotso

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 04 juin 2020 à 18h09
Victor Fotso, à Yaoundé en 2006.

Victor Fotso, à Yaoundé en 2006. © Saabi/Galbe.Com

Le rapatriement de la dépouille du patriarche et homme d’affaires était prévu à la mi-juin au Cameroun, son pays natal, mais sa famille est en désaccord sur ce point.

Décédé le 20 mars à l’hôpital américain de Neuilly, Victor Fotso, qui laisse une vingtaine de veuves et une centaine d’enfants, doit être inhumé le 20 juin à Bandjoun. Selon nos informations, sa fille Laure, administratrice de plusieurs sociétés du groupe familial, s’est présentée le 2 juin au consulat du Cameroun à Paris pour obtenir l’autorisation de rapatrier le corps. Elle était accompagnée de son époux, l’ancien footballeur international Geremi Njitap.

Peine perdue, car une autre partie du clan emmenée par le fils aîné, Yves-Michel Fotso, avait préalablement saisi le tribunal de grande instance de Nanterre pour s’opposer au transport de la dépouille. Un huissier a même été envoyé par les plaignants auprès de la représentation diplomatique afin de lui signifier cette opposition.

Yves-Michel Fotso estime que, en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, aucune urgence ne commande d’organiser les obsèques du défunt « au rabais ». Au vu des mesures barrières imposées par le gouvernement camerounais lors des funérailles, il était selon lui compliqué de rendre un hommage à la mesure de cette figure du monde des affaires.

Condamné deux fois à perpétuité dans des affaires de détournement d’argent public, mais évacué le 19 août 2019 au Maroc pour raisons de santé, l’ancien administrateur directeur général de la Cameroon Airlines espère obtenir de Paul Biya l’autorisation de prendre part aux obsèques de son père à Bandjoun. Mais revenir au Cameroun serait prendre le risque d’être appréhendé et remis en détention. Yves-Michel Fotso bénéficie en effet d’une faveur, mais pas d’une grâce présidentielle.

Bataille des héritiers

De leurs côtés, les autorités consulaires hésitent sur la conduite à tenir, n’ayant en outre pas reçu d’instruction de Yaoundé. Le chef de l’État, qui se tient informé de la situation – le défunt était son ami –, n’a toujours pas donné suite à la dizaine de courriers que les deux parties au conflit lui ont adressés.

Paul Biya a néanmoins missionné l’ancien ministre des Finances Édouard Akame Mfoumou pour superviser la succession de Victor Fotso à Bandjoun, la commune dont il était le maire. Le 11 mai, le conseil municipal a élu sa fille Nicky Fotso, jusqu’alors première adjointe, pour lui succéder en tant qu’édile. Pendant ce temps, la bataille des héritiers autour du patrimoine est déjà devant les tribunaux.

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