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Professeur Abdelaziz Ghachem

Le médecin tunisien s'est éteint, le 2 octobre, à l'âge de 71 ans.

« Je crois en la science », tels furent ses derniers mots devant ses médecins traitants avant de rendre l’âme lundi 2 octobre, neuvième jour de ramadan, deux ans après son alter ego, le professeur Hichem Bahri. Abdelaziz Ghachem était considéré comme le père de la médecine légale en Tunisie et l’un des pionniers de la médecine du travail et des maladies professionnelles en Afrique. Ses ouvrages font référence en la matière.
Docteur en médecine de la faculté de Toulouse, il fait sa spécialité en médecine légale à l’université de Paris. Agrégé en 1973, il deviendra au fil des ans chef de service à l’hôpital Charles-Nicolle, expert national auprès des tribunaux, doyen de la faculté de médecine de Tunis, expert à l’Organisation mondiale de la santé et, enfin, conférencier international, professeur émérite et président de la commission d’évaluation de la recherche médicale.
Ceci en parallèle avec ses activités au sein de l’ex-Parti socialiste destourien, devenu RCD au lendemain du 7 novembre 1987. Son militantisme l’a propulsé, en 1974, au comité central du PSD sous le règne de Bourguiba. Abdelaziz Ghachem a été plusieurs fois « ministrable » à l’époque, mais finalement toujours écarté pour des raisons obscures. En 1970, il revient de Paris, où il avait notamment dirigé la Maison de Tunisie, à la Cité universitaire du boulevard Jourdan, après avoir occupé le poste de secrétaire général de l’Uget (Union générale des étudiants tunisiens) au congrès de Monastir en août 1964. Issu d’une famille aisée, homme discret et affable, il avait à chaque instant cette « modestie des savants ». Et savant, il l’était.

La quasi-totalité des médecins tunisiens l’ont qualifié de « maître » en lui rendant hommage dans les gazettes du pays au lendemain de son décès. Ghachem était persuadé que la science est la clef de la vie. Un jour que nous étions à La Havane, en juillet 2003, il m’avait confié son admiration pour les chercheurs cubains – très en avance, selon lui en matière de lutte contre le cancer et le sida. Tous ses confrères, pour la plupart d’anciens élèves du professeur, reconnaissent en lui un grand sens de l’abnégation. Sa satisfaction était de voir sa discipline gagner du terrain et ses étudiants accéder au rang de chef. Lui qui jonglait avec la mort, pratiquant l’autopsie sur des cadavres d’hommes célèbres (dont celui d’Abou Jihad, assassiné par le Mossad en 1988 à Tunis) a été, in fine, vaincu par des cellules folles du colon.
Décoré à deux reprises, en tant que militant politique et homme de sciences, par les présidents Bourguiba et Ben Ali, Abdelaziz Ghachem repose maintenant au cimetière de Sousse.

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