Transport aérien

Ethiopian, Royal Air Maroc, South African… Quelles sont les compagnies les plus affectées par la crise ?

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Mis à jour le 07 juin 2020 à 11h46
Ethiopian Airlines, leader du transport aérien en Afrique.

Ethiopian Airlines, leader du transport aérien en Afrique. © Christian Junker/Flickr/Licence CC

Les pertes de revenus liées au coronavirus pourraient dépasser 8 milliards de dollars pour les transporteurs aériens africains cette année.

L’Association africaine des compagnies aériennes (Afraa) vient de publier le premier volet de son analyse mensuelle de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’industrie du transport aérien en Afrique. Cette étude s’appuie sur les données accumulées depuis le début de l’année et sur divers scénarios de reprise du secteur durant les prochains trimestres. Elle prévoit ainsi une perte de chiffre d’affaires de 8,1 milliards de dollars pour les compagnies aériennes africaines sur l’ensemble de l’année.

L’étude, effectuée entre mi-avril et mi-mai, identifie une réduction des revenus du trafic passagers de près de 14 % pour le premier trimestre 2020 et de plus de 90 % pour deuxième trimestre. Les équipes de l’Afraa tablent – sous réserve d’une prochaine évaluation à paraître fin juin /début juillet – sur une reprise progressive de l’activité sur la seconde moitié de l’année : environ 40 % du trafic réalisé au troisième trimestre 2019 devrait être assuré durant la même période, et ce taux monterait à 70 % pour les derniers mois de l’année.

Mais l’impact financier s’annonce sévère, avec 1,7 milliard de recettes attendues du transport de passagers sur l’année 2020, contre près de 6,7 milliards l’an dernier. L’Afraa anticipe au total 4,53 milliards de dollars de recettes sur le segment passagers cette année, contre 12,64 milliards en 2019.

Des capacités retirées du réseau

« Les compagnies aériennes les plus affectées sont celles qui ont le plus d’activité », souligne Abderrahmane Berthé, le secrétaire général de l’Afraa, interrogé par Jeune Afrique.

Ainsi, pour Ethiopian Airlines, c’est une capacité de 3,8 milliards de sièges disponibles par kilomètre (ASK, unité de mesure standard dans le secteur aérien) qui a été retirée du réseau en raison du Covid-19. Le géant d’Addis-Abeba est suivi par South African Airways (-1,9 milliard d’ASK), Egyptair (-1,7 milliard), et Royal Air Maroc (-1,6 milliard), Kenya Airways (-1,3 milliard), Air Algérie (-900 millions), Air Mauritius (-700 millions) et Tunisair (-500 millions).

L’activité de fret est également en chute libre, en raison d’une pénurie de capacité de transport en Afrique par rapport aux besoins de matériel médical et de biens essentiels.

Une réouverture des frontières coordonnées

L’Afraa envisage une reprise à partir du troisième trimestre 2020 avec des opérations nationales, puis des vols régionaux et intercontinentaux.

« Pour l’instant, en Afrique, les frontières restent fermées, même les vols régionaux et internationaux sont arrêtés, poursuit Abderrahmane Berthé, On espère que certains pays rouvrent leurs frontières début juillet et que certaines compagnies pourront redémarrer. »

« Nous essayons d’amener les États à une ouverture des frontières de manière coordonnée, afin que les compagnies puissent à nouveau opérer leurs liaisons », explique encore le secrétaire général de l’Association.

Soutien attendu des États et des institutions internationales

« L’Afraa exhorte les gouvernements africains à envisager un plan de sauvetage et de relance qui compense les pertes importantes, réduit le fardeau des coûts d’exploitation en cours et subventionne la survie et la reprise de l’industrie », déclare par ailleurs Abderrahmane Berthé.

Selon lui, la majorité des compagnies africaines n’ont pas plus de trois mois de trésorerie devant elles. Et d’ici à fin juin/début juillet, plusieurs d’entre elles vont se retrouver en cessation de paiement. « Nous demandons également aux institutions financières internationales et aux partenaires de développement de soutenir les compagnies aériennes avec des dispositifs permettant de garantir la disponibilité des crédits et des liquidités indispensables », a-t-il ajouté.

Pour le dirigeant malien, il sera également nécessaire de « garantir la confiance des passagers pour reprendre les voyages en avion ». Notamment en renforçant la communication avec les passagers sur les mesures de santé et de sécurité en place, « pour les rassurer sur une expérience de voyage sûre et stérile, avec des mesures appropriées ».

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