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Bourse : Onatel et Air Liquide résistent (un peu) au Covid-19

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La BRVM, dont le siège est à Abidjan, est la bourse commune aux huit pays de l'Uemoa.

La BRVM, dont le siège est à Abidjan, est la bourse commune aux huit pays de l'Uemoa. © Jacques Torregano pour JA

La crise du coronavirus a ébranlé la place financière d’Abidjan, déjà mal au point. Revue des tops et flops de la bourse ouest-africaine.

À la fin mai, l’indice BRVM Composite, qui rassemble les 46 sociétés ouest-africaines cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilière (BRVM), dont le siège est à Abidjan, affichait 135 points contre 146 points à la fin février, avant que le premier test positif au covid-19 ne soit détecté dans le pays (le 11 mars).

La BRVM ne fait pas figure d’exception, l’ensemble des marchés boursiers internationaux comme africains ayant été affectés par la pandémie, notamment via le recul de l’activité économique et les inquiétudes des investisseurs quant à une reprise. L’indice S&P 500, qui regroupe les 500 premières cotations aux États-Unis, a ainsi baissé de 1 000 points entre fin février et fin mars, avant une reprise graduelle depuis.

À Casablanca, l’indice Masi a cédé en six semaines – de la mi-février à la fin mars – la progression accumulée pendant près que quinze mois, tombant à 10 205, son plus bas niveau depuis la reprise amorcée en octobre 2018.

« Aucune autre maladie infectieuse, y compris la grippe espagnole, n’a eu un impact aussi puissant sur la bourse que la pandémie de Covid-19 », note une étude récente du Bureau national de recherche économique, aux États-unis, selon laquelle « les réponses politiques à la pandémie Covid-19 fournissent l’explication la plus convaincante de son impact sans précédent sur le marché boursier ».

Un place financière déjà fragile

Cependant, à Casablanca comme à Johannesburg, si les principaux indices restent en dessous de leur niveau du premier trimestre, ils ont amorcé une claire reprise depuis avril. Mais la baisse observée à Abidjan vient s’ajouter aux difficultés que connaît depuis quelques temps la BRVM, dont l’indice avait déjà baissé de vingt points entre janvier et mars, et reste surtout loin du pic de 319 points atteint en mars 2016.

La capitalisation du marché des actions de la place d’Abidjan s’établit aujourd’hui à 4 057 milliards de F CFA (6,18 milliards d’euros), contre 4 347 milliards à la fin de février. Sur les 43 valeurs cotées régulièrement à Abidjan (la cotation de Trituraf, Unilever et Movis étant suspendue), 28 titres ont reculé, quand cinq sont demeurés stables pour dix entreprises ayant enregistré une progression durant cette période.

Les hausses les plus importantes concernent l’opérateur télécoms burkinabé Onatel, filiale de Maroc Telecom, dont le cours a bondi de + 16 %, une performance secondée de près par celle de Air Liquide Côte d’Ivoire (+ 15 %).

La situation ambiguë d’Air Liquide CI

Onatel profite d’une performance en 2019 meilleure qu’anticipé. En effet, le titre avait fortement reculé l’an dernier (-40 %), après la publication de mauvais résultats pour le premier semestre 2019 (baisse de 28 % du bénéfice net).

Toutefois, le recul des profits sur l’ensemble de l’année a été finalement moindre (-5 %), accompagné qui plus est d’un dividende important (388 F CFA par action, soit un rendement de 13,8 %). Ce retournement conjugué au boom de l’usage des TIC dans ce contexte de crise a facilité le regain des investisseurs pour ce titre.

Concernant Air Liquide Côte d’Ivoire, la situation semble plus complexe. Le titre semble avoir profité des projections des investisseurs, qui ont anticipé l’impact du Covid-19 sur ses activités, notamment sur la demande en oxygène médical. Mais ce boom, constaté dans plusieurs pays développés, n’a pas eu lieu en Côte d’Ivoire. À preuve, l’entreprise accuse pour le premier trimestre une perte de 84 millions de F CFA (-238 millions au premier trimestre 2019).

« Pour le second trimestre, les performances de l’entreprise pourraient pâtir du ralentissement général de l’activité économique, malgré une amélioration de son activité liée au secteur de la santé en lien avec la prise en charge des patients atteints de covid-19 », note cependant Charles Levy, économiste principal de l’agence ouest-africaine de notation Bloomfield Investment.

De fortes baisses de l’agro-industrie à la banque

Les baisses les plus importantes ont été constatées sur les titres du groupe agricole Palmci (-39 %), de Bicic, la filiale ivoirienne de la banque française BNP Paribas (-36 %), et de l’entreprise agro-industrielle Filtisac (-30 %).

Concernant Palmci, il est à noter que le cours de l’huile de palme a chuté de 23 % entre la fin de décembre 2019 et la fin de mai 2020 sur le marché des futures à Kuala Lumpur. De plus, l’entreprise n’a pas fourni d’informations financières pendant plus d’un an après la publication, fin avril 2019, des résultats du premier trimestre de l’année écoulée.

Ce manque de visibilité, combiné à une baisse des prix à l’international, n’a pas favorisé la reprise d’un titre déjà mal en point sur le marché. Le 15 mai, l’entreprise a présenté ses résultats pour l’année 2019, avec un chiffre d’affaires en recul de -8 %, mais un bénéfice en hausse (+10 % à 1,86 milliard de F CFA).

En ce qui concernant Filtisac, spécialiste de l’emballage des produits agricoles, le titre paraît subir les inquiétudes des investisseurs sur la capacité des pays à exporter leurs spéculations agricoles.

Des craintes que le groupe a tenté d’apaiser, rappelant lors de la publication, à la fin d’avril, de ses résultats du premier trimestre 2020, que « l’essentiel des ventes de Filtisac étant lié aux campagnes agricoles, les effets de la pandémie devraient être limités ». Ses revenus trimestriels s’affichent en recul de 10 % à 9,53 milliards de F CFA, en raison entre autres, du « démarrage timide de la campagne commerciale de l’anacarde », assurent ses équipes.

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