Technologie

Face à Amazon et Microsoft, la bataille pour la « data » africaine s’intensifie

Un datacenter coûte entre 5 et 40 millions de dollars selon sa capacité,

Un datacenter coûte entre 5 et 40 millions de dollars selon sa capacité, © PeopleImages/Gettyimages

Galvanisés par la concurrence entre les géants américains, les opérateurs africains de datacenters veulent grandir pour les attirer…ou leur résister.

Une petite révolution a eu lieu en mai 2020 au 17 Waterloo Road, à Samrand, en Afrique du Sud. Dans cette zone économique située à une quarantaine de kilomètres au nord de Johannesburg, Standard Bank, l’une des quatre plus grandes banques du pays a cédé son centre de données à Africa Data Centres (ADC), un opérateur qui, comme son nom l’indique, est spécialisé dans la construction et la gestion de datacenters sur le continent.

Le bâtiment ultra-sécurisé, ceint d’un haut mur de briques rouges surmonté de barbelés et équipé de multiples caméras de surveillance était jusqu’ici dédié exclusivement à l’hébergement des données de Standard Bank. Respectant déjà les normes internationales les plus poussées du secteur en matière de fiabilité et de sécurité de ses serveurs, il sera transformé en datacenter « neutre », c’est-à-dire ouvert à une clientèle diversifiée, allant des grands noms de la tech comme Google ou Amazon aux organismes publics en passant par les entreprises locales ou panafricaines.

Un marché estimé à 500 millions de dollars

L’opération signe l’amorce d’un nouveau chapitre dans le développement des centres de données en Afrique, un marché estimé à 500 millions de dollars en 2018, selon les chiffres du cabinet Xalam Analytics et en très forte croissance (30 à 40 % par an selon les marchés). « Cinq à dix datacenters se créent chaque année sur le continent », observe Guy Zibi, directeur général de Xalam Analytics.

L’expert basé à Boston explique que le temps où les grandes entreprises devaient posséder leur propre datacenter afin de gérer une masse importante de données est révolu. À l’image de Standard Bank, il est désormais possible, mais surtout plus simple et moins coûteux, d’externaliser ces activités en louant des serveurs et de la capacité électrique auprès des opérateurs de datacenter. Par conséquent, le parc de datacenters non neutres à vendre devrait exploser dans les années à venir créant un boulevard pour des acquisitions de la part des opérateurs d’infrastructures comme Africa Data Centres.

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