Le Niger adopte une nouvelle loi sur les écoutes téléphoniques
Le parlement a adopté vendredi une loi autorisant les interceptions des communications téléphoniques pour lutter contre « le terrorisme et la criminalité transnationale ».
Une rue dans le centre de Niamey, en septembre 2011 (photo d’illustration). © Tagaza Djibo/AP/SIPA
Les députés de l’opposition, très minoritaires, ont dénoncé le texte et quitté l’hémicycle avant les débats. Selon la Constitution nigérienne « le secret de la correspondance et des communications est inviolable » et il « ne peut y être dérogé que dans les conditions et les formes définies par la loi ».
La nouvelle loi s’inscrit dans « la recherche des renseignements » concernant « l’atteinte à la sécurité de l’État » ou dans la « lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ». »Les preuves recueillies peuvent être utilisées dans le cadre des enquêtes et poursuites pénales diligentées par les autorités judiciaires », selon les termes du document.
Loi liberticide ?
Les interceptions des communications seront effectuées par « des services techniques compétents » sur « toute personne contre laquelle il existe des sérieuses raisons », souligne le texte.
« Cette loi n’est pas liberticide. Elle est indispensable et elle procède de la volonté du gouvernement de sécuriser nos populations », a déclaré Barkaï Issouf, le ministre chargé des Relations avec les institutions.
Lutte antiterroriste
Dans un communiqué, l’opposition parlementaire a dénoncé « la volonté du pouvoir de priver les Nigériens (…) de toute vie privée dans leurs communications ».
« Cette loi permettra (…) de surveiller tous les Nigériens, ainsi que tous ceux qui vivent au Niger, sous de fallacieux prétextes, autres que ceux relatifs à la sécurité et la lutte antiterroriste », selon les termes du communiqué.
Le Niger fait face aux attaques récurrentes des groupes jihadistes sahéliens dans l’Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina et dans le Sud-est aux raids meurtriers des islamistes de Boko Haram ou du groupe État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap, issu une scission de Boko Haram).
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Jeune Afrique avec AFP
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