Société

Maroc : un déconfinement qui ne dit pas son nom

Dans les rues de Casablanca, les gens sortent de plus en plus, mais dans le respect des distances et des gestes barrières. Ici, le 23 mai 2020.

Dans les rues de Casablanca, les gens sortent de plus en plus, mais dans le respect des distances et des gestes barrières. Ici, le 23 mai 2020. © AP Photo/Abdeljalil Bounhar

En l’absence d’un plan global pour la sortie de confinement, chaque secteur gère à sa manière le retour à la normale.

Dans une salle de fitness de Rabat, les entraîneurs reprennent du service. Ils n’en sont pas encore à donner des cours et se contentent pour le moment d’entretenir le matériel, laissé à l’abandon depuis la fermeture du club le 16 mars. Il s’agit surtout de réaménager l’espace : des marquages sont collés au sol de manière à assurer une distanciation physique entre les clients attendus au plus tard le 11 juin.

« Dans la mesure où nous n’avons pas connaissance d’un plan de déconfinement précis, nous nous sommes inspirés de ce qui s’est fait dans les autres pays pour nous préparer à la reprise dans les meilleures conditions », explique le gérant.

Lassitude et contradictions

À l’instar de ce club de sport, de nombreux espaces et commerces annoncent sur les réseaux sociaux une réouverture imminente, alors que l’état d’urgence sanitaire prendra officiellement fin le 10 juin. Le deuxième prolongement du confinement annoncé par le Chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani n’a pas convaincu les Marocains, lassés par deux mois d’enfermement et d’inactivité. D’autant que son ministre de l’Économie, Mohammed Benchaâboun, a invité les entreprises à reprendre leur activité après les festivités de l’Aïd el-Fitr.

Sur le terrain, cette contraction crée la confusion. « S’il n’y a pas de plan de déconfinement global, chaque département ministériel est chargé de se coordonner avec le ministère de l’Intérieur pour obtenir les autorisations qui concernent les activités sous sa tutelle », explique un membre de cabinet ministériel.

C’est ainsi qu’Othman El Ferdaous, ministre qui chapeaute le département de la Communication, a autorisé dès le 26 mai la réouverture des kiosques à journaux et des librairies, permettant de facto aux journaux et aux magazines de reprendre leurs éditions papier et aux imprimeries de recommencer à tourner.

À Casablanca, les fameux taxis rouges ont repris du service 

Idem pour le département du Commerce qui a autorisé la réouverture des cafés et des restaurants pour des livraisons à domicile ou des plats à emporter. Sauf que ces derniers se sont montrés plus coriaces. L’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants a incité, via un communiqué, ses adhérents à ne pas reprendre leur activité avant de « se réunir avec le Comité de veille et le gouvernement pour discuter de la situation sociale. » Un appel qui n’a pas été suivi par tous puisque certains ont rouverts leurs portes, dès le vendredi 29 mai.

 

De plus en plus de restaurateurs proposent la livraison et des plats à emporter.

De plus en plus de restaurateurs proposent la livraison et des plats à emporter. © FADEL SENNA / AFP

La vie reprend donc peu à peu dans les grandes villes marocaines. « À Casablanca, les fameux taxis rouges ont repris du service et on renoue même avec les bouchons aux heures de pointe », témoigne un jeune cadre d’une société de communication qui a retrouvé cette semaine le chemin du bureau.

Désormais, les déplacements entre villes sont même redevenus possibles avec un assouplissement des restrictions : plus besoin d’une autorisation exceptionnelle des agents d’autorité, un simple ordre de mission suffit. Un autre indice qui ne trompe pas : les navettes de train entre Casablanca et Rabat reprendront à un rythme plus soutenu dès le 1er juin. 

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